« Le mur est tombé sur mon petit frère »: en Guinée, au moins 30 morts dans l’éboulement d’une décharge à Conakry
Par TV5MONDE – GOLNOUCHE BARZEGAR – Au moins 30 personnes sont mortes et 22 autres ont été blessées, ce dimanche 23 août, dans l’éboulement d’une décharge sauvage à Conakry, en Guinée. Après de fortes pluies, des tonnes de déchets se sont déversées sur plusieurs habitations du quartier de Dar es Salam.
Les secours progressent, ce dimanche 23 août, avec précaution dans les décombres après l’effondrement d’une partie de la décharge de Dar es Salam. Le drame s’est produit dans la nuit de samedi 22 à dimanche 23 août, vers 2 heures du matin, après de fortes pluies. Une partie de la décharge s’est effondrée, déversant un important volume d’ordures sur les habitations situées au pied de ces collines de déchets.
Le gouvernement guinéen a annoncé un bilan d’au moins 30 morts et 22 blessés, dont six grièvement. Les opérations de recherche se poursuivent et le bilan pourrait encore évoluer, alors que plusieurs personnes sont toujours portées disparues.
« Beaucoup de cris » dans la nuit
Aboubakar Camara dormait lorsque le glissement de terrain s’est produit. Encore sous le choc, il raconte à TV5MONDE avoir entendu un premier mouvement de terrain avant de comprendre que les habitations étaient menacées.
Dans la catastrophe, son enfant a été blessé. À quelques mètres de là, la famille d’Arafan Camara pleure la mort du petit garçon de quatre ans. L’effondrement d’un mur de leur maison l’a enseveli.
Depuis l’aube, volontaires, brancardiers et services de secours se relaient pour évacuer les blessés et les corps retrouvés sous les déchets. Sur place, les forces de l’ordre ont également été déployées.
Une décharge déjà meurtrière en 2017
La catastrophe ravive les inquiétudes des habitants du quartier de Dar es-Salam, à Conakry, qui dénoncent depuis plusieurs années les risques liés à cette décharge. En 2017, un éboulement sur le même site avait déjà fait neuf morts. Selon plusieurs riverains, malgré les alertes répétées, la situation n’a pas suffisamment évolué.
Certains dénoncent également des travaux réalisés de nuit au moment du drame. Selon un témoin, des habitants auraient demandé aux conducteurs des engins d’arrêter leurs opérations, accusant les machines de pousser les déchets vers les habitations. Les causes précises de l’éboulement restent toutefois à déterminer.
Une fermeture annoncée, mais reportée
La décharge de Dar es Salam est censée être fermée et remplacée par un nouveau centre d’enfouissement. Mais ce dernier ne devrait pas être opérationnel avant 2028. La ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Djenabou Touré, s’est rendue sur place ce dimanche 23 août. Le Premier ministre Amadou Oury Bah a également visité le site.
Ces derniers jours, le gouvernement avait annoncé des opérations d’expulsion et de sécurisation des emprises autour de la décharge en raison des risques d’éboulement. La fermeture du site était même annoncée pour ce dimanche 23 août, jour du drame.

