Narges Mohammadi, Nobel de la paix 2023

Comme chaque année, les spéculations allaient bon train pour ce prix, sans doute le plus attendu des Nobel étant donné le nombre de conflits en cours dans le monde entier. Mais on voyait mal comment le combat des femmes iraniennes pouvait être oublié.

Un an après la mort de Mahsa Amini arrêtée en Iran pour n’avoir pas porté son voile correctement, et le soulèvement de la population iranienne qui a suivi, le mouvement « Femme, Vie, Liberté » était dans tous les esprits.   « Donnez le prix Nobel de la paix aux femmes iraniennes », plaidait Per Olav Ødegård, éditorialiste du journal populaire norvégien VG.  Le nom de Narges Mohammadi, journaliste et militante iranienne des droits humains, détenue à la prison d’Evin à Téhéran, semblait faire consensus.

Narges Mohammadi, actuellement dans une geôle de la République islamique, est bien évidemment attendue à Oslo pour la remise de son prix. Interrogée en juillet dernier sur RFI, elle se voulait rassurante : « Je vais bien. Je suis vraiment confiante et je reste active » et disait

poursuivre ses investigations à propos de « la torture blanche » et « les cellules d’isolement » : « Une partie de mes efforts en ce qui concerne les droits humains est consacrée à la question « du viol, l’agression et la violence à caractère sexuel » contre les femmes contestataires et opposées au régime commis par des agents de l’État ». 

Dans son discours d’annonce, le comité du Nobel a tenu à souligner le courage des femmes iraniennes, victimes de répression de part du régime iranien et sources d’inspiration pour le monde entier. « Nous avons vu leur courage et leur détermination face aux représailles, aux intimidations, à la violence et aux détentions », a insisté la porte-parole Elizabeth Throssell.

Les noms qui circulaient

Mahbouba Seraj, luttant, elle aussi, pour la liberté et les droits des femmes en Afghanistan où les talibans ont repris le pouvoir, faisait également partie des favoris.

Autre cause à mettre en lumière dont aurait pu se saisir l’académie suédoise, celle de la lutte contre le réchauffement climatique. Cela fait plusieurs années que le travail des militants du mouvement Fridays for Future, initié par Greta Thunberg. Les noms de la Philippine Victoria Tauli-Corpuz, de l’Équatorien Juan Carlos Jintiach ou encore de l’Ougandaise Vanessa Nakate font évidemment partie des possibles lauréats.

Le nom du président ukrainien Volodymyr Zelensky circulait également, sans grande conviction, les experts jugeant improbable qu’un Nobel soit décerné au dirigeant d’un pays en guerre.

L’année dernière, cette prestigieuse distinction avait récompensé trois défenseurs des droits humains en Biélorussie, en Ukraine et en Russie. Ales Bialiatski pour son travail à la tête du Centre des droits de l’homme Viasna, la principale organisation de défense des droits de l’homme en Biélorussie, l’organisation ukrainienne Center for Civil Liberties et l’ONG russe Memorial dissoute en 2021.

Jeudi 5 octobre, le Nobel de littérature a été remis au Norvégien Jon Fosse.

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