RDC/M23: une feuille de route signée à Berne pour des pourparlers de paix
À l’issue de discussions tenues en Suisse, la République démocratique du Congo et les combattants du M23, soutenus par le Rwanda, se sont mis d’accord sur une feuille de route pour les pourparlers de paix, selon un communiqué conjoint. Mais seuls deux points sur les huit sur le document ont été abordés.
Par TV5MONDE avec AFP – Après cinq mois sans dialogue, les représentants du gouvernement congolais et ceux du groupe rebelle AFC M23 se sont retrouvés à Berne, en Suisse, pour tenter de relancer le processus de paix amorcé en décembre à Washington.
Les deux parties ont « élaboré, en collaboration avec les médiateurs, une feuille de route définissant les étapes successives et le calendrier des négociations dans le cadre de l’accord-cadre de Doha », indique le communiqué rendu public ce dimanche 23 août par le gouvernement suisse et le Département d’État américain. « Elles ont réaffirmé leur engagement à poursuivre les négociations en vue d’une paix globale et d’un règlement du conflit par la mise en oeuvre de l’accord-cadre « , ajoute-t-il.
Deux points sur les huit abordés
Ces discussions ont eu lieu en présence de représentants des États-Unis, du Qatar, de l’Union africaine, du Togo et de la Suisse, pays hôte. Cependant, seuls deux points du protocole de paix ont été abordés : le processus de vérification pour l’application du cessez-le-feu et l’échange des prisonniers.
C’est justement sur ce point, les prisionniers, que le bât blesse. Le M23 avait demandé la libération de plus de 300 prisonniers, mais Kinshasa n’en a libéré qu’une dizaine. Chaque camp détiendrait une centaine de prisonniers.
De son côté, Kinshasa a misé sur l’usure et sur l’accord de Washington pour affaiblir la position du M23, espérant un retrait des troupes rwandaises estime Christian Moleka, analyste politique au micro de notre correspondant Dady Songohozo. Cependant, l’absence de progrès de la part de Washington a contraint Kinshasa à rester dans la dynamique de Doha, une situation qu’elle n’avait pas souhaitée initialement, toujours selon Christian Moleka.Lire la vidéo
Les deux parties ont déclaré s’être accordées sur l’importance d’une méthode standardisée pour signaler les allégations de violations du cessez-le-feu.
Premier contrôle lundi 24 août
Une première mission de vérification du cessez-le-feu est prévue lundi à Minembwe, dans la province du Sud-Kivu en RDC, selon le communiqué, avec l’appui de la MONUSCO.
Les parties ont également convenu de mettre en place un « mécanisme chargé d’examiner les progrès accomplis et de relever les défis liés à la mise en oeuvre des obligations et des engagements pris au titre de l’accord-cadre de Doha », précise le communiqué.
Cette reprise du dialogue vise à renforcer les engagements des deux parties, mais la situation sur le terrain reste préoccupante. Les combats continuent de faire rage dans l’est de la RDC. C’est également dans cette région que se situe l’épicentre de l’épidémie d’Ebola qui a déjà fait au moins 2.500 morts.

