Pauvreté alimentaire : Bambilor et Kaffrine, laboratoires d’une révolution alimentaire locale

Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans sa politique de lutte contre la pauvreté alimentaire. Le Conseil National de Développement de la Nutrition (CNDN), en partenariat avec l’Agence suisse pour le Développement et la Coopération (DDC), a lancé, mardi 31 mars 2026 à Dakar, la deuxième phase du projet NICE (Nutrition in City Ecosystems). D’une durée de quatre ans, ce programme cible deux communes de villes secondaires : Bambilor et Kaffrine. Il se distingue par une approche innovante, centrée sur la territorialisation des politiques nutritionnelles. « L’innovation avec ce projet, c’est que sa porte d’entrée, ce sont les collectivités territoriales », a expliqué Mbaye Sène, secrétaire exécutif du CNDN. Les communes ne sont plus de simples bénéficiaires, mais de véritables « protagonistes du processus de mise en œuvre et de consolidation ».

Aux côtés des collectivités, les institutions de recherche et de formation jouent un rôle clé, notamment l’Université du Sine Saloum. Cette architecture décentralisée s’inscrit dans les nouvelles orientations des politiques publiques sénégalaises, privilégiant des solutions ancrées dans les territoires. À terme, le CNDN envisage d’étendre cette expérience à d’autres collectivités, en fonction des résultats obtenus.

Selon Amanda Amann, représentante de la DDC, le projet NICE repose sur quatre axes complémentaires : le renforcement de la gouvernance des systèmes alimentaires locaux ; l’amélioration de la disponibilité d’aliments nutritifs ; la promotion d’une demande pour une alimentation équilibrée ; et le partage d’expériences entre villes, aux niveaux national et continental.

L’objectif est clair : permettre aux populations urbaines d’accéder à une alimentation saine, abordable et produite localement selon des pratiques agroécologiques durables. Une orientation qui s’inscrit pleinement dans les enjeux actuels de souveraineté alimentaire et de valorisation des circuits courts.

Déjà expérimenté dans des pays comme le Kenya, le Rwanda et le Bangladesh lors de sa première phase, le projet NICE s’étend désormais à l’Afrique de l’Ouest. Cette deuxième phase positionne le Sénégal comme un terrain pilote, avec l’ambition de faire émerger un modèle reproductible dans d’autres villes du continent, à travers une logique d’apprentissage et de coopération entre territoires.

JEAN PIERRE MALOU
SUDQUOTIDIEN

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