Coupe du monde 2026: qui verra l’Amérique?
C’est le jour J pour les footballeurs de l’équipe de France. C’est aujourd’hui que le sélectionneur Didier Deschamps publie la liste des joueurs sélectionnés pour la Coupe du monde aux États-Unis, au Mexique et au Canada. Il n’y a pas d’énorme surprise à attendre, le sélectionneur devrait miser sur la stabilité. Ceux qui ont l’habitude d’être là devraient voir l’Amérique. Ce n’est pas forcément le cas dans d’autres sélections. Des questions se posent concernant l’Iran.
C’était déjà le cas avant la guerre déclenchée par Israël et les États-Unis contre le régime iranien. C’est donc encore plus le cas depuis. Les Iraniens joueront leurs trois matchs du premier tour à Los Angeles et Seattle aux États-Unis. Ils seront basés à Tucson, en Arizona. Le président américain Donald Trump a déjà laissé planer un doute sur leur sécurité, avant de confirmer que l’équipe pourrait participer à la compétition. La fédération iranienne, qui tient à maîtriser sa communication, a posé des conditions à sa participation, parmi lesquelles la sécurité et le respect des officiels. Et là, il y a déjà eu un incident. Il y a deux semaines, la fédération a renoncé à participer au congrès de la FIFA qui s’est déroulé à Vancouver, au Canada. Le gouvernement canadien a expliqué que les Gardiens de la révolution n’ont rien à faire dans le pays. Le président de la fédération est un ancien membre de l’organisation, classée terroriste au Canada. C’est aussi le cas aux États-Unis et le secrétaire d’État Marco Rubio a prévenu que ça pourrait poser un problème.
Aucune garantie
Ce n’est pas le seul incident des derniers jours. Six responsables de la Fédération sénégalaise de football, dont le quatrième vice-président, se sont vu refuser leur visa par l’ambassade américaine à Dakar. Le Sénégal, comme la Côte d’Ivoire ou Haïti, qui sont qualifiés, fait partie des pays pour lesquels la délivrance de visas est suspendue. Il existe une procédure pour les détenteurs de billets de match afin d’obtenir un laisser-passer de manière accélérée, mais Marco Rubio l’a dit, un billet, ce n’est pas un visa. Il n’y a donc aucune garantie. Il faut dire que la politique migratoire de l’administration inquiète. Aux États-Unis, des organisations de défense des libertés civiles préviennent que la police de l’immigration pourrait profiter de la Coupe du monde pour intensifier sa répression. Il y a déjà eu des incidents dans les villes organisatrices. Et des résidents étrangers légaux aux États-Unis hésitent à se rendre au stade de crainte d’être pris pour cible par ce qui ressemble plutôt à une milice capable de détenir des personnes en les privant de tous leurs droits.
Vague d’inflation
Pour aller à la Coupe du monde aux États-Unis, il faut donc vraiment le vouloir. Et contrairement à l’adage populaire, vouloir, dans ce cas-là, ce n’est pas forcément pouvoir. Parce qu’il y a l’aspect diplomatique, administratif, mais il y a aussi l’aspect financier. La vie aux États-Unis est très chère, d’autant plus depuis la vague d’inflation déclenchée par le blocage du détroit d’Ormuz. Cela pèse sur les prix des billets d’avion, il faut y ajouter les cautions pour l’obtention de visas, qui peuvent aller de 5 000 à 15 000 dollars. Et la tarification dynamique des billets de match qui sont très chers pour les affiches les plus courues. La conséquence, c’est que dans certaines villes hôtes, les hôteliers voient moins de réservations que ce qu’ils avaient anticipé.

