Débat en Allemagne sur un boycott du prochain Mondial, la France temporise
À l’approche de la Coupe du monde de football 2026, organisée conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique (11 juin-19 juillet), la question d’un éventuel boycott commence à émerger dans le débat politique européen, sur fond de tensions géopolitiques et de déclarations controversées de Donald Trump.
Martin Ducrotois – Source: Avec AFP
La fédération allemande de football (DFB) et la fédération internationale (Fifa) décideront en toute “autonomie” d’un boycott ou non du Mondial organisé cet été en grande partie aux États-Unis, a indiqué le gouvernement allemand à l’AFP après des appels en ce sens en riposte aux menaces de Donald Trump.
“Cette évaluation incombe donc aux fédérations concernées, en l’occurrence la DFB et la Fifa. Le gouvernement fédéral acceptera cette appréciation“, a indiqué la secrétaire d’État aux Sports Christiane Schenderlein dans un commentaire adressé par mail à l’AFP.
“Le gouvernement fédéral respecte l’autonomie du sport. Les décisions concernant la participation à de grands événements sportifs ou leur boycott relèvent exclusivement des fédérations sportives compétentes, et non du monde politique”, a aussi déclaré Mme Schenderlein, membre de la CDU, le parti conservateur du chancelier Friedrich Merz.
Face aux tensions nées de la volonté américaine de s’emparer du Groenland et des menaces de taxes douanières accrues contre les États européens qui s’y opposent, de premières voix évoquant un boycott – voire une annulation – du Mondial se sont fait entendre en Allemagne, grande nation du foot, ces derniers jours.
47% des Allemands seraient pour en cas d’annexion du Groenland
Si Donald Trump met à exécution ses “menaces concernant le Groenland et déclenche une guerre commerciale avec l’UE, j’ai du mal à imaginer que des pays européens participent à la Coupe du monde“, a déclaré l’influent député conservateur Roderich Kiesewetter mardi au journal Augsburger Allgemeine.
Un autre député de la CDU, Jürgen Hardt, porte-parole de son groupe sur la politique extérieure, a évoqué auprès du journal Bild une “annulation du tournoi” comme “ultime recours pour amener le président Trump à la raison”.
Réclamant une “réponse unie” de l’Europe, le député social-démocrate (SPD) Sebastian Roloff a évoqué auprès du journal économique Handelsblatt l’option d’“envisager un renoncement à la participation à la Coupe du monde”.
Selon un sondage de l’institut Insa pour Bild effectué jeudi et vendredi auprès de 1.000 personnes, près de la moitié des Allemands (47%) approuveraient un boycott du Mondial en cas d’annexion effective du Groenland par Washington. Un gros tiers (35%) y demeurerait opposé.
Quadruple championne du monde, la sélection allemande n’a pas manqué un Mondial depuis l’immédiat après-guerre (1950).
La France temporise
En France, la position officielle est pour l’instant plus ferme. La ministre des Sports, Marina Ferrari, a exclu toute volonté de boycott à ce stade. Selon elle, aucune démarche en ce sens n’est envisagée par son ministère concernant un événement sportif qu’elle qualifie de majeur et de très attendu.
“Maintenant, je ne préjuge pas de ce qui pourrait se passer, mais j’ai entendu aussi des voix qui s’élevaient qui viennent de certains blocs politiques (La France Insoumise, NDLR)”, reconnait-elle. “Je tiens à ce qu’on dissocie le sport et la politique”. Elle a rappelé l’importance symbolique et populaire de la Coupe du monde, considérée comme un moment fédérateur pour les amateurs de football.

