Mali: un défenseur des droits dénonce « un climat de terreur »
Par © 2025 AFP – Un défenseur des droits de l’Homme au Mali a accusé les services de renseignement de créer « un climat de terreur » dans le pays par leurs enlèvements et arrestations extrajudiciaires, et réclamé qu’ils rendent des comptes sur ces abus.
« Des gens encagoulés circulant dans des véhicules sans immatriculation effectuent des arrestations fréquentes sans mandat judiciaire et conduisent les personnes enlevées dans des destinations inconnues », a dénoncé dimanche auprès de l’AFP Souleymane Camara, président du Réseau des défenseurs des droits humains du Mali.
Ce pays d’Afrique de l’Ouest dirigé par une junte après un double coup d’Etat en 2020 et 2021 est régulièrement accusé de réduire au silence les voix dissidentes par des mesures coercitives, des mises en cause judiciaires, des dissolutions d’organisations ou encore des restrictions à la liberté de la presse.
« Ces arrestations sont l’œuvre de la sécurité d’Etat du Mali puisque les personnes enlevées puis relâchées l’ont toujours affirmé », a dit M. Camara à l’AFP.
Il fait référence à l’Agence Nationale de la Sécurité d’Etat (ANSE), créée en 2021 par la junte pour remplacer le service de renseignement intérieur malien.
Ces derniers mois, des hommes politiques, militants et acteurs de la société civile ont été enlevés dans la capitale malienne par des hommes encagoulés et conduits vers des destinations inconnues.
« Aujourd’hui il est plus que nécessaire de judiciariser les services de renseignement pour éviter des abus et les fréquentes violations de droits de l’Homme », réclame M. Camara.
Des experts indépendants de l’ONU ont demandé lundi la « libération immédiate et inconditionnelle » de trois militants politiques qui ont besoin de soins après avoir subi des tortures et autres mauvais traitements pendant leur détention par l’ANSE.
Ils auraient été enlevés par des agents de l’ANSE respectivement les 25 mai, 26 mai et 23 juin 2023, puis détenus au secret et dans des conditions inhumaines dans les locaux de l’agence jusqu’en octobre 2023, date à laquelle ils ont été transférés à la Maison centrale d’arrêt de Bamako.