Menaces d’un haut gradé soudanais: le Tchad « se réserve le droit de riposter »

Le gouvernement tchadien a prévenu lundi qu’il pourrait riposter en cas d’attaque des forces soudanaises sur son territoire, après des menaces proférées par un haut gradé soudanais.

Dans une vidéo diffusée dimanche sur la chaîne Al Jazeera, le commandant en chef adjoint des forces soudanaises, Yasser Al-Atta avertit « que les aéroports de N’Djamena et d’Amdjarass sont des cibles légitimes » pour les forces de son pays.

Ces propos « peuvent être interprétés comme une déclaration de guerre s’ils sont suivis d’effets », a réagi le porte-parole du ministère tchadien des Affaires étrangères, Ibrahim Adam Mahamat.

« De tels discours pourraient conduire à une escalade dangereuse pour l’ensemble de la sous-région », et « le Tchad se réserve le droit légitime de riposter avec vigueur à toute tentative d’agression », a-t-il ajouté.

« Le Soudan vient de déclarer la guerre au Tchad », a de son côté estimé sur sa page Facebook officielle le médiateur de la République et ancien Premier ministre du Tchad Saleh Kebzabo.

« Nous devons le prendre très au sérieux, nous y préparer au plan militaire, et nous mobiliser à cet effet » a t-il ajouté.

Le Tchad accuse depuis plus de soixante ans le pouvoir soudanais de tout faire pour « déstabiliser le Tchad », notamment en ayant « orchestré des rébellions » et « soutenu le groupe Boko Haram ».

Depuis avril 2023, le Soudan est déchiré par un conflit opposant le général Abdel Fattah al-Burhane, chef de l’armée et dirigeant de facto du pays depuis le putsch de 2021, à son ancien second Mohamed Hamdane Daglo, dit Hemedti, chef des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR).

Fin octobre 2024, N’Djamena avait nié toute implication dans le conflit soudanais, alors que le camp loyaliste l’accuse de jouer un rôle actif dans des livraisons d’armes des Émirats arabes unis aux FSR.

Ce soutien aux FSR a déjà été pointé dans différents rapports – dont un de l’ONU en janvier 2024 – mais le Tchad comme les Émirats ont toujours démenti toute implication.

La présence à El Facher (sud-ouest du Soudan) d’une rébellion zaghawa -une ethnie également présente au Tchad- dirigée par Ousman Dillo, le frère cadet de l’opposant tchadien Yaya Dillo Djérou, tué par l’armée tchadienne au printemps, est le principal sujet d’inquiétude de N’Djamena.

En février 2008, une rébellion de cette même ethnie basée au Soudan avait lancé une offensive éclair au Tchad avec d’autres groupes, contraignant l’ancien président Idriss Déby Itno (1990-2021) à se réfugier dans son palais présidentiel, avant de réussir à repousser les rebelles avec le soutien décisif de Paris.

La guerre en cours depuis avril 2023 a fait des dizaines de milliers de morts, déplacé plus de 11 millions de personnes, et créé des risques de famine généralisée, dans ce que l’ONU considère comme la pire crise humanitaire récente. Deux millions de personnes ont aussi fui vers les pays voisins, dont 1,5 million au Tchad.

SOURCE TV5.ORG

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