Visites dans les foyers religieux: SONKO À FONDS LA CAISSE – Le président de l’Assemblée plaide sa réforme auprès des chefs religieux
Reçu par le Khalife général de Médina Baye samedi, Cheikh Mouhamad Mahi Ibrahima Niass, Ousmane Sonko s’est exprimé sur la gestion des «fonds politiques». Fustigeant l’absence de contrôle sur ces ressources publiques, il a réaffirmé sa volonté d’instaurer une surveillance parlementaire stricte, s’étonnant de la polémique suscitée par cette proposition.
En déplacement dans la cité religieuse de Kaolack, le président de l’Assemblée Ousmane Sonko a choisi la résidence du Khalife général de Médina Baye pour aborder sans détour la question des ressources discrétionnaires de l’Etat. S’adressant directement à son hôte, il a interrogé la moralité d’un tel système : «Certains l’appellent Fonds spéciaux, fonds politiques ou caisse noire. Cher guide, est-ce que la religion accepte qu’on prenne l’argent du contribuable et que l’on lui remette des milliards et qu’on dise qu’il n’y a pas de contrôle ?»
Dénonçant une gestion jusqu’ici opaque et sans redevabilité, le chef du gouvernement a pointé les dérives potentielles qu’autorise un tel cadre. «Tu peux en faire ce que tu veux, construire des immeubles, ouvrir un compte en Suisse ou donner à ta famille», a-t-il fustigé, avant de nuancer les justifications habituellement avancées : «On n’a jamais dit qu’on ne remette pas quelque chose au président de la République, au Premier ministre ou au président de l’Assemblée, parce qu’ils peuvent recevoir des sollicitations.»
Pour mettre fin à ces pratiques, Ousmane Sonko préconise de s’inspirer des démocraties occidentales en instaurant un mécanisme de contrôle parlementaire sous serment. «On a demandé qu’il y ait un contrôle comme en France, aux Etats-Unis ; par exemple qu’on prenne quatre députés qui vont prêter serment et vérifier à la fin de l’année si l’argent a été utilisé à bon escient», a-t-il expliqué. Face aux critiques du Pouvoir exécutif, l’ex-Premier ministre a conclu en balayant les accusations de surenchère : «Est-ce que c’est grave pour que cela mérite un tel tollé ?».
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