Costa Rica: la candidate de droite Laura Fernandez élue présidente dès le premier tour
La candidate de droite Laura Fernandez a remporté, dimanche 1er février, l’élection présidentielle au Costa Rica, ayant recueilli près de 49% des suffrages, selon les résultats provenant d’environ 81% des bureaux de vote. La politologue et ancienne ministre a été portée par sa promesse d’utiliser la force pour combattre la violence liée au narcotrafic dans ce pays d’Amérique centrale.
Par :RFI avec AFP
Son rival le plus sérieux, l’économiste de centre droit Alvaro Ramos, a reconnu sa défaite, alors que Laura Fernandez a recueilli près de 49% des suffrages, soit neuf points de plus que nécessaire pour remporter l’élection dès le premier tour, contre 33% pour son rival Ramos, l’un des dix-neuf candidats de l’opposition. Laura Fernandez a revendiqué sa victoire, se déclarant « présidente élue » lors d’un appel avec son mentor, le président sortant Rodrigo Chaves, diffusé à la télévision.
À peine les premiers résultats dévoilés, le président salvadorien Nayib Bukele, dont la « guerre » contre les gangs est citée en exemple par Laura Fernandez, a annoncé sur les réseaux sociaux avoir félicité au téléphone « la présidente élue du Costa Rica ».
Des milliers de partisans de Laura Fernandez se sont rassemblés pour célébrer sa large avance sur ses rivaux. Quelque 3,7 millions de citoyens étaient appelés aux urnes pour élire leur nouveau président ainsi que leurs parlementaires pour quatre ans.
Héritière du populaire président sortant Rodrigo Chaves, l’ancienne ministre cherche également à remporter une large majorité au Parlement pour réformer la Constitution et les pouvoirs de l’État. Si son élection se confirme, elle sera la deuxième femme à gouverner le Costa Rica, l’un des pays les plus stables de la région, après le mandat de Laura Chinchilla qui avait également remporté l’élection dès le premier tour en 2010.
Cela élargirait également l’assise de la droite en Amérique latine, après ses succès au Chili, en Bolivie, au Pérou et au Honduras.
Narcotrafic et pic historique du taux d’homicides
Spécialiste des politiques publiques, Laura Fernandez se dit libérale sur le plan économique et conservatrice sur le plan social. Elle propose d’achever la construction d’une méga-prison sur le modèle de celle construite pour les membres de gangs par Nayib Bukele, d’alourdir les peines et d’instaurer l’état d’urgence dans les zones en proie à la violence.
Le taux d’homicide a atteint un pic historique de 17 pour 100 000 habitants sous l’administration Chaves, le gouvernement accusant le système judiciaire de laisser les criminels agir en toute impunité.
Les autorités attribuent la plupart des meurtres au trafic de drogue, qui a fait du Costa Rica une plaque tournante logistique et d’exportation de stupéfiants. « Les trafiquants entrent et sortent comme s’ils étaient chez eux (…) Il est n’est pas trop tard pour sauver notre pays », estime Bernarda Marin, cuisinière de 70 ans, après avoir voté pour Alvaro Ramos.
« Le défi le plus important est la lutte contre le narcotrafic », a déclaré Diego Araya, employé de banque de 25 ans qui a voté dans une école du sud-est de la capitale.
Le sortant Rodrigo Chaves accusé de vouloir gouverner en coulisses
L’opposition redoute que le président Chaves continue de gouverner en coulisses ce pays de 5,2 millions d’habitants, où la pauvreté frappe environ 15% de la population dans une société parmi les plus inégalitaires d’Amérique latine.
Après avoir voté, l’ancien président Oscar Arias, lauréat du prix Nobel de la paix en 1987, a affirmé que « la survie de la démocratie est en jeu ». « La première chose que veulent les dictateurs, c’est réformer la Constitution pour se maintenir au pouvoir », a-t-il dit.
« Il n’y a pas de dictature ici », a rétorqué le président Rodrigo Chaves après avoir déposé son bulletin dans l’urne. « Je veillerai toujours à la stabilité démocratique », a également assuré Laura Fernandez depuis son bureau de vote.

