Drone explosif à Leipzig: une menace susceptible d’impliquer «des puissances étrangères», selon Berlin

La découverte d’un drone équipé d’explosifs sur le tarmac de l’aéroport de Leipzig, mardi 4 août, suscite de nombreuses interrogations en Allemagne. Lors d’une conférence de presse organisée dans la soirée de mercredi, les autorités ont toutefois refusé de spéculer sur son origine ainsi que sur l’identité des auteurs de cette possible attaque hybride.

Par :RFI

L’aéroport de Leipzig constitue un important hub logistique pour l’Otan et pour l’acheminement de l’aide militaire vers l’Ukraine. Il a déjà été visé par d’autres attaques hybrides par le passé, rappelle notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut.

Le ministre allemand de l’Intérieur, Alexander Dobrindt, qui a interrompu ses vacances, a évoqué « une nouvelle dimension dans les menaces » et « un possible scénario d’attaque hybride ». Environ 220 drones ont perturbé le trafic aérien dans le pays en 2025, mais aucun ne transportait de charge explosive.

Une menace susceptible d’impliquer des puissances étrangères

Selon des informations non confirmées, un défaut technique du détonateur aurait empêché l’explosion du drone. Sans se prononcer sur son origine ni sur les responsables de l’incident, Alexander Dobrindt a estimé que la menace était susceptible d’impliquer « des puissances étrangères ». Une telle attaque ne pouvait être que le fait de professionnels, a-t-il également affirmé.

Cet incident d’une nouvelle nature montre que les menaces auxquelles l’Allemagne est confrontée ne sont pas abstraites. Le pays est, depuis plusieurs mois, la cible d’opérations d’espionnage et de cyberattaques. En juin dernier, le gouvernement a créé un centre chargé de coordonner l’ensemble des acteurs mobilisés dans ce domaine.

Les autorités craignent désormais qu’une attaque à l’explosif semblable à celle de Leipzig ne se reproduise avec, cette fois, une issue tragique. Une course contre la montre oppose les services allemands à des auteurs d’attaques toujours mieux équipés, a reconnu le ministre de l’Intérieur.

« Nos infrastructures sont démunies face à ces menaces »

L’année dernière, de nombreux survols de drones non identifiés ont provoqué la fermeture d’aéroports dans plusieurs pays européens. Mais un engin armé est une première, souligne Léo Péria-Peigné, responsable du laboratoire de recherches sur la défense à l’Institut français des relations internationales (Ifri), auprès de Mélissa Barra, du service international de RFI.

On entre dans une nouvelle catégorie de malveillances qui visaient très probablement les avions de fret ukrainiens qui se trouvaient sur cette base, vraisemblablement pour transporter de l’armement à destination de l’Ukraine. Nos aéroports et nos infrastructures sont démunis face à ces menaces. Comme ce sont des objets qui sont assez petits, y compris en vol et d’autant plus dangereux, les défenses contre ce genre de drones restent très limitées. Et quand bien même le drone lui-même, armé ou non, ne détruira pas de lui-même un avion de transport, il suffit d’attendre que l’appareil soit au décollage ou à l’atterrissage. Ce sont des moments particulièrement critiques pour tout avion moderne, pour infliger des dommages à ce moment-là et provoquer une perte de contrôle et des dégâts considérables. Il va falloir équiper les sites sensibles du matériel approprié, qui évolue assez rapidement. Et surtout, la sécurité ne sera jamais éternelle, au moins tant que la guerre durera, que l’effort technologique se prolongera. Ce qui est potentiellement particulièrement inquiétant.

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