Plusieurs artistes s’élèvent contre la politique migratoire de Trump

La 68e cérémonie des Grammy Awards s’est déroulée ce dimanche 1er février. L’occasion pour les artistes de clamer leur opposition à la politique menée par la police américaine de l’immigration (ICE). Le chanteur portoricain Bad Bunny a appelé à la « mettre dehors », et Billie Eilish à « continuer à nous battre, à prendre la parole et à manifester ».

Par TV5MONDE – avec AFP

Jusque-là plutôt timides, les artistes commencent à se réveiller contre la politique migratoire de Donald Trump. Bad Bunny n’a pas mâché ses mots, ce dimanche 1er février sur la scène des Grammy Awards à Los Angeles, à l’encontre de la police américaine de l’immigration (ICE). 

Une semaine avant de se produire à la mi-temps du Super Bowl, l’artiste portoricain a délivré un message politique incisif et a appelé à « mettre dehors » l’ICE. Un slogan (« ICE out ») également arboré sur des pin’s portés par les musiciens canadiens Justin Bieber et Joni Mitchell, notamment.

« Nous ne sommes pas des animaux »

« Avant de remercier Dieu, je vais dire: dehors ICE! Nous ne sommes pas des sauvages. Nous ne sommes pas des animaux. Nous ne sommes pas des étrangers. Nous sommes humains et nous sommes Américains », a continué le chanteur, exhortant à ne pas se laisser « contaminer » par la « haine »

Des déclarations, accueillis par des acclamations du public présent à l’intérieur de la salle de spectacle, qui font suite à la mort d’Alex Pretti, deuxième américain tué par balles par des agents fédéraux à Minneapolis le 24 janvier.

Bad Bunny, figure de proue du reggaeton et de la trap latine, est devenu le premier chanteur récompensé par le Grammy de l’album de l’année pour un disque en espagnol. Il a récolté trois trophées au total, dont le plus prestigieux pour « Debi Tirar Mas Fotos ». Cet album fait une grande place à des rythmes traditionnels et évoque la colonisation de l’île des Caraïbes, sous juridiction américaine depuis 1898. 

L’artiste est très critiqué par les trumpistes, qui lui reprochent de chanter en espagnol et d’avoir pris position en faveur de l’immigration et des droits des personnes LGBT+. Citoyen américain du fait du statut de Porto Rico, Bad Bunny a décidé que la tournée mondiale qu’il effectue depuis novembre ne passera pas par les États-Unis pour protéger ses spectateurs de potentiels raids d’ICE. 

« Personne n’est illégal sur une terre volée »

Durant la cérémonie, lui et de nombreux autres artistes ont pris la parole contre la politique migratoire répressive du président américain Donald Trump. Décorée du prix de la chanson de l’année, qui récompense les auteurs-compositeurs, pour son titre « Wildflower », la chanteuse américaine Billie Eilish a elle appelé à « continuer à nous battre, à prendre la parole et à manifester »« Personne n’est illégal sur une terre volée », a-t-elle déclaré. « C’est juste très difficile de savoir quoi dire et quoi faire en ce moment, et je me sens vraiment pleine d’espoir dans cette salle. »

D’autres artistes ont rendu hommage aux immigrés. Ils ont « construit ce pays », a scandé Shaboozey, dont les parents sont originaires du Nigeria et dont la musique mêle hip-hop et country. Née d’un père anglais et d’une mère jamaïcaine et guyanienne, la Britannique Olivia Dean, révélation de l’année à 26 ans, a elle loué leur « courage ».

Le présentateur Trevor Noah menacé de poursuites par Donald Trump

À la présentation, l’humoriste Trevor Noah a pour sa part ironisé sur le contexte politique aux États-Unis, qualifiant de « nouvel hymne national » le morceau de la rappeuse Doechii « Anxiety » (Anxiété). Après la victoire de Billie Eilish au Grammy de la chanson de l’année pour son titre « Wildflower », Trevor Noah a évoqué Trump et Epstein. « Félicitations, Billie Eilish. Waouh! C’est le genre de Grammy que tous les artistes convoitent, presque autant que Trump convoite le Groenland. Ce qui est logique, car depuis la disparition d’Epstein, il lui faut une nouvelle île pour traîner avec Bill Clinton« , a déclaré l’animateur.

Une allusion qui a immédiatement déclenché la colère de l’actuel président américain. « FAUX !!! », a répondu Donald Trump. « Je ne peux pas parler pour Bill, mais je ne suis jamais allé sur l’île d’Epstein, ni même quelque part à proximité, et jusqu’à cette fausse et diffamatoire déclaration de ce soir, personne ne m’a jamais accusé d’y avoir été, même pas les médias qui diffusent de fausses affirmations« .

« Noah, ce parfait raté, ferait mieux de se renseigner correctement, et vite. Il semble que je vais envoyer mes avocats poursuivre ce pauvre maître de cérémonie pathétique, sans talent et complètement idiot, et le poursuivre pour beaucoup d’argent« , a-t-il menacé. « Prépare-toi Noah, je vais bien m’amuser avec toi ! », a conclu Donald Trump.

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