Bourse : l’Europe bat toujours des records dans l’espoir d’un accord
Les Bourses européennes battent toujours des records jeudi à Paris, Madrid et Milan dans l’espoir d’un accord pour la réouverture du détroit d’Ormuz.
A New York, le Dow Jones devrait améliorer son record en ouverture alors que le Nasdaq, davantage exposé aux valeurs liées à l’intelligence artificielle (IA), pourrait encore reculer, d’après les contrats à terme à 11H30 GMT, qui affichaient respectivement +0,27% et -0,40%.
« Les investisseurs ont récompensé les entreprises qui transformaient la demande en bénéfices immédiats et pénalisé celles dont la valorisation dépend de volumes d’investissement futurs toujours plus importants », résume Florian Ielpo, analyste de la banque privée suisse Lombard Odier.
La planète IA reste traumatisée par le recul de SpaceX (encore -13,61% mercredi) depuis la publication de ses résultats mardi: bons, mais plombés par des dépenses massives dans l’IA qui découragent les investisseurs.
En Asie, Tokyo (-0,93%) et Séoul (-4,60%) ont de nouveau souffert de ces spéculations, inquiètes sur la future rentabilité de l’IA.
En Europe, la tech et l’IA influencent moins le moral des investisseurs que l’espoir d’un accord au Moyen-Orient, la baisse du pétrole et des résultats solides.
Paris (à 8.742,21 points) Milan (54.024,32 points) et Madrid (20.326,70 points) ont encore battu jeudi matin des records en séance.
A Paris vers 11H45 GMT, l’indice CAC 40 progressait toujours (+0,50%) emmené par le groupe de luxe Hermès (+3,74%), le titre le plus cher des 40 valeurs parisiennes (1.603,75 euros).
A l’inverse, Capgemini (services informatiques, -1,51%) reculait, sans doute victime de la correction sur le secteur de la tech, comme STMicroelectronics (-0,48%).
Après une ouverture en baisse, Francfort (+0,20%) s’est redressé, entre Deutsche Telekom (+6,93%) et Siemens (-5,30%).
Outre les bons résultats trimestriels de Deutsche Telekom, Commerzbank et Siemens Energy, les commandes industrielles allemandes ont progressé en juin davantage qu’attendu, selon des chiffres provisoires publiés jeudi.
Les risques liés aux prix du pétrole et au faible niveau du Rhin restent cependant une menace pour l’économie en Allemagne.
Londres était à l’équilibre (+0,07%): « le FTSE 100 (principal indice de Londres, NDLR) atteint un plus haut sur un an, profitant d’un environnement favorable à la prise de risque. Cela rappelle que les récents mouvements haussiers des marchés boursiers mondiaux ne concernent pas uniquement la technologie », a souligné Kathleen Brooks, analyste de XTB.
Le pétrole en légère hausse
Les marchés mondiaux vivent tous dans l’espoir d’un accord Etats-Unis/Iran qui stabiliserait la volatilité du pétrole.
Les cours remontent légèrement jeudi, faute de nouvelles percées depuis que l’Iran a annoncé la veille un accord avec le sultanat d’Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit d’Ormuz.
Vers 11H30 GMT, le baril de Brent, référence du brut, repassait le seuil des 80 dollars (+0,98% à 80,23 dollars). Le WTI américain remontait dans les mêmes proportions (+0,81% à 75,83 dollars).
« Les discussions autour d’une possible réouverture du détroit d’Ormuz restent le principal catalyseur macroéconomique », a expliqué l’analyste John Plassard de Cité Gestion. « Mais tant qu’un accord concret n’est pas signé, le marché avance avec un pied sur l’accélérateur et l’autre déjà posé sur le frein ».
Les taux stables
La baisse des prix du pétrole ces derniers jours a dissipé les risques d’inflation « de second tour » généralisée à l’ensemble de l’économie.
« Les indices des prix des enquêtes auprès des directeurs d’achat du tertiaire traduisent un léger repli de la pression sur les prix, quoique moins marqué que dans l’industrie », relèvent les analystes de SwissLife pour la zone euro.
« L’inflation des services devrait certes rester élevée, mais pas au point d’inquiéter la Banque centrale européenne (BCE) », jugent-ils.
Les analystes de SwissLife estiment cependant que la BCE devrait relever ses taux de 0,25 point de base lors de sa prochaine réunion en septembre.
En attendant, les taux d’emprunts à dix ans remontaient aux Etats-Unis (4,64% contre 4,61% la veille), et en Europe dans une moindre mesure (3,12% en Allemagne contre 3,11%, 3,91% en France contre 3,90%).

