Élevage – Valorisation des cuirs et peaux : Une synergie institutionnelle pour relever le défi
Le Fonds d’appui à la stabulation (Fonstab) et la Direction des industries animales (Dia) ont décidé d’unir leurs forces pour améliorer l’accès au financement et renforcer la compétitivité de la filière cuirs et peaux.
Par Alioune Badara NDIAYE(Correspondant) – Une filière cuirs et peaux bénéficiant pleinement de l’accompagnement du Fonds d’appui à la stabulation (Fonstab) et de la Direction des industries animales (Dia) pour tirer le maximum de son potentiel. C’est l’ambition de la journée d’échanges organisée mardi au ministère de l’Agriculture, de la souveraineté alimentaire et de l’élevage à l’intention des acteurs de la filière, principalement les collecteurs, les transformateurs et les commerçants. «Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la synergie institutionnelle entre les deux structures, avec pour objectif commun d’améliorer l’accès au financement et de renforcer la compétitivité de la filière», ont, en effet, indiqué les organisateurs à travers les termes de référence. «On ne peut pas parler dans un pays où on estime le cheptel à autour de 21 millions de ruminants, c’est-à-dire les animaux qu’on utilise à l’abattoir pour la consommation de la viande et l’utilisation des cuirs et peaux, alors que la valeur ajoutée pour les cuirs et peaux, d’après le cabinet Performance Group tourne autour de 91 mille francs», a pointé Dr Fafa Sow, directeur des Industries animales, pour relever le déséquilibre.
La majeure partie des peaux collectées sont en effet exportées à l’état brut. «L’Etat du Sénégal, à travers le département stratégique qui est le ministère de l’Agriculture et de l’élevage, en particulier la Direction des industries animales, et ses partenaires, et les projets et programmes comme le Fonstab doivent s’intéresser à relever ce défi qui est de transformer ce potentiel en véritable richesse pour les Sénégalais. Ça se traduira en richesse mais également en offre d’emplois pour les jeunes», a-t-il poursuivi, faisant savoir que cette journée s’inscrit dans ce cadre.
Pour Assane Mbow, président de la Confédération des acteurs de la filière cuirs et peaux, se pose la nécessité d’un accompagnement approprié à travers la formation, la modernisation des équipements, la sensibilisation et l’injection de moyens financiers conséquents. «Il y a beaucoup de manquements dans la filière cuirs et peaux. Cela se répercute sur le Pib et l’emploi à travers les tanneries et à aussi les collectes que nous devons faire pour pouvoir mieux valoriser les peaux que nous jetons dans les poubelles tous les ans pendant les événements de Tabaski, Korité, Tamkharite», a noté M. Mbow.
Il est question, à travers l’atelier, d’enclencher le processus de formalisation des acteurs de la filière pour faciliter l’accompagnement. «Je pense qu’au sortir de cet atelier, chaque organisation pourra quand même faire un budget par rapport à son besoin. Et nous, nous sommes là en tant que confédération pour les accompagner. Parce qu’aujourd’hui, nous savons que beaucoup ne sont même pas informés sur le Fonstab, qui est destiné à accompagner les acteurs», a-t-il dit, engageant la structure qu’il dirige à amplifier la sensibilisation pour fédérer tous les acteurs de la chaîne de valeur autour des objectifs de valorisation des cuirs et peaux.

