Confédération nationale des employeurs du Sénégal : Abdel Kader Ndiaye prend les rênes
Élu le samedi 28 mars 2026 à la majorité des suffrages, le président du Syndicat des entreprises du bâtiment et des travaux publics succède à l’équipe sortante à la tête de la principale confédération patronale du pays. Il s’entoure d’un bureau à large assise sectorielle, reflet des ambitions de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (CNES) dans le dialogue économique national.
C’est un tournant discret, mais potentiellement lourd de conséquences pour le dialogue social et économique au Sénégal. Réuni en séance ordinaire le samedi 28 mars 2026, le conseil d’administration de la Confédération Nationale des Employeurs du Sénégal (CNES) a procédé au renouvellement de ses instances dirigeantes. À l’issue du scrutin, Abdel Kader Ndiaye, patron du groupe BATIMEX et président du Syndicat des entreprises du bâtiment et des travaux publics (SNBTP), a été porté à la présidence de l’organisation à la majorité des suffrages exprimés. Figure bien connue du secteur privé national, le nouvel élu hérite d’une organisation appelée à peser davantage dans les grands arbitrages économiques du pays, à l’heure où le gouvernement s’engage dans une ambitieuse stratégie de transformation structurelle. L’équipe sortante, saluée par le conseil d’administration pour son action, passe le relais dans un contexte de renouveau des attentes du patronat vis-à-vis des pouvoirs publics.
Un bureau à l’image de la diversité du tissu économique
Pour conduire ce mandat, Abdel Kader Ndiaye s’appuie sur un bureau exécutif soigneusement composé. Mamadou Abib Diop, issu de la SAR (Société africaine de raffinage), occupe le poste de premier vice-président, en charge du développement et de la coopération. Mohamed Seck, de Sahel Services, prend en charge les relations avec les fédérations, tandis qu’Abdoul Aziz Sy, du groupe Sup’DeCo, se voit confier les affaires économiques. La communication est assurée par Ibrahima Gallo Ndao, d’EUROCHAM, et le secrétariat général revient à Ghaleb Jaber, de METAL AFRIQUE.
Au-delà des noms, c’est la structure même de ce bureau qui retient l’attention. Il intègre des présidents de fédérations actifs dans des secteurs aussi variés que l’industrie, la boulangerie, l’éducation, la santé, le transport d’hydrocarbures et les services. Cette architecture délibérément plurielle vise à renforcer la légitimité de la CNES dans ses négociations avec les autorités publiques et les partenaires sociaux, en s’appuyant sur une représentativité sectorielle élargie — un atout non négligeable dans un contexte où le patronat cherche à unifier sa voix face à un gouvernement très actif sur les réformes économiques.
La mémoire institutionnelle comme socle du renouveau
Soucieux de préserver l’expérience accumulée, le conseil d’administration a tenu à honorer ses prédécesseurs en leur conférant le titre de président d’honneur. Ibou Ndiaye, Adama Lam, Babacar Ndiaye et Abdourahmane Ndoye rejoignent ainsi ce cercle, garantissant une continuité mémorielle que la nouvelle équipe pourra mobiliser dans les phases de négociation ou en période de crise. Reste désormais à Abdel Kader Ndiaye de transformer cette élection en véritable impulsion. Les défis ne manquent pas notamment l’amélioration de la compétitivité des entreprises locales, l’accès au financement, la simplification de l’environnement réglementaire, ou encore le positionnement du secteur privé sénégalais face aux opportunités offertes par la transition énergétique et l’exploitation des ressources naturelles. Autant de chantiers sur lesquels la CNES, forte de son nouveau bureau, devra porter une voix claire et unifiée.
JP MALOU
SUDQUOTIDIEN

