République du Congo: Denis Sassou Nguesso réélu président pour un cinquième mandat
Le président sortant de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, a été réélu pour un cinquième mandat avec 94,82% des voix, au premier tour de l’élection présidentielle qui s’est tenu dimanche 15 mars.
Ces résultats provisoires ont été annoncés mardi 17 mars au soir à la télévision nationale. Ils doivent encore être validés par la Cour constitutionnelle du pays.
Denis Sassou Nguesso, 82 ans, dirige d’une main de fer le pays depuis plus de 40 années cumulées. Sa réélection le maintient au pouvoir jusqu’en 2031.
Faible affluence dans les bureaux de vote
« Est élu, Sassou Nguesso Denis, 2.507.038 voix, soit 94,82% des suffrages exprimés« , a déclaré à la télévision nationale le ministre de l’Intérieur Raymond Zéphyrin Mboulou. Le taux de participation s’élève à « 84,65%« , a-t-il ajouté.
Une faible affluence dans les bureaux de vote avait toutefois été constatée par les journalistes de l’AFP présents à Brazzaville le jour du vote. La plupart des électeurs croisés dans les bureaux ont refusé d’être filmés ou de donner leur nom.
Le réseau internet est coupé dans tout le pays depuis le matin du vote. La circulation des véhicules avait été interdite dimanche 15 mars et les commerces fermés sur ordre des autorités. Des véhicules de l’armée et la police avaient arpenté toute la journée les allées vides du centre-ville où de rares piétons déambulaient sous un ciel plombé. Des gendarmes et policiers étaient déployés en nombre devant les bureaux de vote.
Denis Sassou Nguesso a sillonné le pays durant la campagne électorale qui s’est achevée vendredi 13 mars, appuyé par la machine de son mouvement, le Parti congolais du travail (PCT). Il s’inquiétait d’une abstention annoncée comme massive par les observateurs.
Boycott de l’opposition
Près de trois millions d’électeurs inscrits étaient appelés aux urnes, selon les autorités, mais l’AFP n’a pas été en mesure de déterminer l’affluence à travers le pays en raison de la coupure du réseau.
Lundi 16 mars, la circulation avait repris dans les rues de Brazzaville. Mais le réseau était toujours coupé, suscitant l’agacement des habitants de la capitale dont certains ont trouvé refuge au bord du fleuve Congo pour se connecter au réseau mobile de la République démocratique du Congo voisine. Internet avait déjà été coupé plusieurs jours lors de la présidentielle de 2021, qui avait vu la réélection de Denis Sassou Nguesso avec 88,40% des suffrages, selon la Cour constitutionnelle.
L’opposition conteste systématiquement les scrutins remportés par le président depuis 2002. Six candidats, peu connus ou sans réelle assise politique, se présentaient dimanche 15 mars face au président sortant. Les principaux partis d’opposition ont boycotté le scrutin, n’estimant pas remplies les conditions d’une élection libre et transparente.
Denis Sassou Nguesso a dirigé le Congo de 1979 à 1992, au temps du parti unique. Il a ensuite repris le pouvoir par les armes en 1997, après quatre mois de guerre civile dans ce petit pays d’Afrique centrale riche en hydrocarbures.
Le tour des jeunes « viendra »
Deux figures de la présidentielle de 2016, le général Jean‑Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, sont encore aujourd’hui détenus après avoir été condamnés à 20 ans de prison pour « atteinte à la sécurité intérieure » en 2018 et 2019.
La constitution empêche en principe Denis Sassou Nguesso de se représenter pour un nouveau mandat en 2031, soulevant l’inévitable question de sa succession. Il a affirmé à l’AFP qu’il ne resterait « pas une éternité au pouvoir » et que le « tour » des jeunes « viendra« , tout en refusant de se prononcer sur un éventuel successeur.

