Pétrole les marchés secoués par les déclarations de Trump

Les marchés de l’énergie restent sous tension. Les déclarations du président américain, Donald Trump, évoquant une fin imminente du conflit avec l’Iran et un possible assouplissement des sanctions pétrolières, ont provoqué hier, mardi, une chute brutale des cours, au lendemain d’une séance particulièrement agitée.

Les investisseurs peinent à suivre les revirements du dirigeant américain. Hier, mardi, les prix du pétrole ont fortement reculé après que Donald Trump a laissé entendre, lundi soir, qu’une issue rapide au conflit avec l’Iran était possible. Il a également annoncé son intention de lever certaines sanctions sur les exportations de pétrole afin de faire baisser les prix.

Vers 10 h 05 GMT, le Brent de la mer du Nord chutait de 7,49 % à 91,55 dollars le baril. De son côté, le pétrole américain WTI reculait dans les mêmes proportions, à 87,71 dollars. Cette baisse spectaculaire intervient après une envolée tout aussi impressionnante la veille : le Brent avait frôlé les 119,50 dollars, un niveau inédit depuis 2022. À la suite d’un entretien téléphonique avec le président russe, Vladimir Poutine, Donald Trump a affirmé que la guerre avec l’Iran allait « se terminer bientôt » et a promis de lever « certaines sanctions liées au pétrole pour réduire les prix ». Ces déclarations ont suffi à déclencher une correction d’une ampleur exceptionnelle.

Selon l’analyste Arne Lohmann Rasmussen, du cabinet Global Risk Management, le président américain aurait réagi à la flambée des prix du pétrole et à la baisse des marchés boursiers. Lundi, le baril de Brent a ainsi oscillé entre 119,50 et 83,66 dollars, un mouvement intra-journalier que l’expert qualifie de « plus important jamais enregistré » pour cette référence mondiale.

Des risques d’approvisionnement toujours présents

Malgré cette baisse, les acteurs du marché restent prudents. Les tensions géopolitiques demeurent fortes. Téhéran a réagi vivement mardi, affirmant que « plus aucune goutte de pétrole ne quittera le Moyen-Orient jusqu’à nouvel ordre ». Une menace qui rappelle l’importance stratégique du détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ 20 % du pétrole mondial. Pour les analystes d’ING Group, la baisse des prix ne pourra se confirmer que si les flux pétroliers reprennent réellement dans le détroit. Dans le cas contraire, toute nouvelle escalade pourrait rapidement propulser les cours vers de nouveaux sommets.

Le G7 se mobilise

La communauté internationale commence également à réagir. Les ministres des Finances du G7 ont indiqué être prêts à « prendre toutes les mesures nécessaires », y compris en utilisant les réserves stratégiques de pétrole. Plusieurs analystes s’attendent à une décision coordonnée visant à libérer une partie des stocks stratégiques de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

La correction touche également le gaz naturel. En Europe, le contrat TTF néerlandais référence du marché reculait de 13,66 % à 48,74 euros le mégawattheure. La perspective d’une détente du conflit alimente en effet l’espoir d’une reprise des exportations de gaz du Qatar, interrompues depuis le début des hostilités.

Les prochaines heures s’annoncent cruciales. Entre les déclarations parfois contradictoires de Washington, les menaces persistantes de Téhéran et les initiatives diplomatiques du G7, les marchés de l’énergie restent suspendus au moindre signal. Une chose est certaine : la volatilité devrait encore durer.       

JEAN PIERRE MALOU
SUDQUOTIDIEN

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