Violences numériques contre les femmes : Dr Aminata Sarr appelle à une mobilisation collective
À l’occasion des consultations juridiques organisées hier, mardi 10 mars, par l’Association des femmes des médias publics à la Maison de la presse, la directrice de TDS SA, Dr Aminata Sarr, a lancé un appel contre les violences faites aux femmes dans l’espace numérique. Devant un public composé de journalistes, de juristes et d’acteurs de la société civile, elle a souligné que les violences ont désormais « changé de terrain », investissant massivement les plateformes numériques.
Selon elle, si Internet devrait être un espace de liberté et d’expression, il est trop souvent utilisé comme une arme contre les femmes. Cyberharcèlement, chantage intime, diffusion d’images privées, insultes, menaces ou encore usurpation d’identité sont devenus des formes courantes d’agression en ligne. « Les femmes sont les premières cibles parce qu’on tente de les faire taire, de les isoler et de les disqualifier », a-t-elle dénoncé.
Dr Aminata Sarr a rappelé que derrière les écrans se trouvent des vies bien réelles : étudiantes, journalistes, mères ou entrepreneures, confrontées à la honte imposée, à la peur et parfois à l’abandon de leurs activités. Dans certains cas, a-t-elle averti, la violence numérique peut déboucher sur des agressions physiques, voire des féminicides.
Face à cette situation, la responsable de TDS SA estime que les consultations juridiques doivent apporter des réponses concrètes aux femmes : connaître leurs droits, savoir où déposer plainte, comment conserver des preuves en ligne et comprendre les délais de la justice.
Elle a également insisté sur le rôle crucial des médias dans la vulgarisation de l’information. « Il ne suffit pas d’avoir des textes. Il faut que les femmes sachent quoi en faire, où aller et comment demander protection », a-t-elle plaidé, appelant à une information claire, accessible et respectueuse de la dignité des victimes.
Pour Dr Sarr, mieux informer la société reste l’une des clés pour lutter efficacement contre les violences faites aux femmes, y compris dans l’univers numérique.
Ousmane GOUDIABY
SUDQUOTIDIEN

