Bangladesh: qui est Tarique Rahman, grand gagnant des Législatives?
Leader du parti nationaliste conservateur (BNP), Tarique Rahman est le grand vainqueur des élections. Son parti a remporté 212 des 300 sièges du Parlement de ce pays musulman de 175 millions d’habitants. C’est donc une majorité absolue pour le futur Premier ministre qui vivait en exil depuis 17 ans à Londres jusqu’à son retour en décembre dernier. Son élection marque la fin d’une ère, et signe la résurrection d’une dynastie politique.
Par : RFI
Tarique Rahman, 60 ans, lunettes fines est le fils du général Rahman. Fondateur du BNP, président du Bangladesh de 1977 à 1981, celui-ci a été assassiné au cours d’une tentative de coup d’État. Sa mère, Khaleda Zia, grande rivale de la très autoritaire Sheikh Hasina chassée du pouvoir en août 2024 par les manifestations de la Gen Z, avait été la première femme du pays à devenir Première ministre en 1991.
De retour d’un exil de 17 ans à Londres,Tarique Rahman s’est lancé dans un sprint électoral en décembre dernier. Il voulait un « mandat clair » et semble donc avoir été entendu. Son mot d’ordre la reconstruction du Bangladesh où plus de 40 millions de personnes vivent dans l’extrême pauvreté, un pays qu’il dit « détruit » et ravagé par le « fascisme ».
De nombreux défis
Réservé, presque introverti, Tarique Rahman reconnaît l’ampleur de la tâche : restaurer l’état de droit, rebâtir les infrastructures tels que les hôpitaux, les incinérateurs de déchets, les réseaux d’eau potable. Il promet des aides financières pour les femmes, les chômeurs, les agriculteurs, et veut offrir des perspectives aux jeunes, tout en luttant contre la corruption, un mal dont son propre camp est accusé.
À l’international, il va devoir restaurer des relations devenues exécrables avec l’Inde qui héberge Sheiskh Hasina. Il plaide aussi pour le rapatriement des réfugiés Rohingyas alors que la Birmanie voisine reste ravagée par la guerre civile. La tâche est « immense », a-t-il admis.
Vent d’optimisme au Bangladesh
L’élection de Tarique Rahman insuffle un vent d’optimisme, mais l’après-révolution est aussi marquée par la résurgence de l’islamisme. Félicité par le prix Nobel de la paix et économiste Muhammad Yunus à la tête du gouvernement de transition qui a mené ce scrutin, un véritable test démocratique grandeur nature où plus de 950 000 membres des forces de sécurité et 45 000 observateurs bangladais et étrangers ont été déployés.
En sortant jeudi 12 février du bureau où il avait voté, Muhammad Yunus arborait un sourire éclatant : « Nous sortons du cauchemar pour commencer un nouveau rêve », a-t-il lâché devant la presse. « Et pour moi, c’est un jour de joie absolue...»

