JO 2026: Cizeron et Beaudry en or

«une aventure extraordinaire» – Guillaume Cizeron et Laurence Fournier Beaudry ont été sacrés champion olympique de danse sur glace, mercredi 11 février, après avoir dominé le programme libre sur la patinoire de la Milano Ice Skating Arena. Ils ont devancé les Américains Madison Chock et Evan Bates. Le couple tricolore a répondu aux questions de RFI. 

Par :Anne Cantener – SOURCE RFI

RFI : J’imagine que vous n’avez pas beaucoup dormi après toutes ces émotions. Comment vous sentez-vous ce matin ?

Laurence Fournier Beaudry : On se sent très bien, très serein. On est extrêmement content. On a eu une courte nuit, mais c’était pour une bonne cause.

Guillaume Cizeron : Nous avons pris le temps de célébrer hier avec nos familles, nos entraîneurs, notre équipe, la fédération. Ce sont vraiment de très beaux moments. On essaie de savourer un maximum.

Guillaume Cizeron, deux médailles d’or aux Jeux olympiques, ça vous fait entrer dans le petit cercle du sportifs français ? 

Guillaume Cizeron : C’est ce qu’il paraît ! 

Vous êtes le seul aussi à remporter deux fois un titre olympique avec deux partenaires différentes. Aux derniers Jeux à Pékin, il y a quatre ans avec Gabriella Papadakis et hier soir avec Laurence Fournier Beaudry. Comment est-ce que vous avez fait ?

Guillaume Cizeron : C’était vraiment une aventure extraordinaire. C’est assez vertigineux quand on regarde le chemin qu’on a parcouru en un an. On s’était un peu fixé ce challenge fou. On a beaucoup cru en nous. Notre équipe a cru en nous aussi dès le début. Donc, on s’est tous un peu lancés follement dans cette aventure et, honnêtement, on ne regrette rien. Il y a eu beaucoup d’obstacles sur la route, mais ça donne une saveur encore plus particulière à cette médaille.

Guillaume Cizeron et Laurence Fournier Beaudry ont réussi le défi fou de remporter l'or olympique en danse sur glace aux Jeux de Milan Cortina.
Guillaume Cizeron et Laurence Fournier Beaudry ont réussi le défi fou de remporter l’or olympique en danse sur glace aux Jeux de Milan Cortina. AP – Stephanie Scarbrough

Un an seulement à danser, ça paraissait impossible à beaucoup de monde. Les spécialistes, on l’a beaucoup entendu, estiment qu’il faut des années pour mettre en place des gestes, la connaissance de l’autre. Comment est-ce que vous avez réussi à créer une telle complicité ensemble, si vite ?

Laurence Fournier Beaudry : Je crois que notre complicité s’était déjà développée depuis bien des années. Parce qu’on est des amis depuis plusieurs années. Donc, on avait développé ce côté intime entre nous deux et on a approfondi cette intimité quand on a débuté notre partenariat ensemble. La curiosité de se redécouvrir à travers cette nouvelle aventure, ça nous a amené vers ce qu’on a accompli aujourd’hui. On en a profité au maximum.

Le public aussi, tout le monde semblait assez ébloui hier soir… On en oublierait presque les difficultés techniques à vous voir danser. C’est particulier quand même comme discipline, la danse sur glace ?

Laurence Fournier Beaudry : C’est particulier étant donné que c’est un sport qui a un côté très artistique. On crée de l’art en duo. Donc c’est un échange d’énergie, on rentre dans une certaine bulle et on veut amener le public avec nous dans cette bulle. 

Guillaume Cizeron, avant cela, il y avait eu 20 ans de collaboration avec Gabriella Papadakis, que vous connaissiez depuis l’enfance, puis une fin dans des conditions assez difficiles. Elle a publié un livre dans lequel elle dénonçait un environnement toxique. Elle a dit depuis la publication de ce livre, ne pas l’avoir écrit contre vous, mais pour parler d’un système en général. Quel regard vous portez sur tout ça ?

Guillaume Cizeron : On a réussi à créer une bulle avec Laurence. Je pense qu’on sait très bien pourquoi on est revenu à la compétition. On avait envie de se faire plaisir. Au tout début de cette aventure, on s’est dit qu’on allait le faire pour nous, pour l’amour de notre sport, pour l’amour qu’on a l’un pour l’autre aussi. Le respect qu’on a envers toute notre équipe, nos coachs, envers le monde du patinage. Je pense que le message qu’on essaie de véhiculer aujourd’hui, c’est vraiment l’amour de ce sport qui nous passionne depuis qu’on est très jeune. C’est un sport magnifique qui se crée en duo. C’est vraiment des belles relations que l’on noue à travers le sport l’un avec l’autre, avec nos entraîneurs, avec toute une équipe et c’est ça qu’on emporte avec nous. Au-delà d’une médaille, c’est ça qui nous fait vibrer et qui donne du sens à notre carrière.

Justement, sur ce travail en duo, on vous avait reproché parfois de prendre beaucoup de place dans le duo avec Gabriella Papadakis. Peut-être trop même. Ça n’avait pas l’air d’être le cas hier soir, ça semblait plus équilibré. Est ce que c’est un point auquel vous avez accordé une attention particulière ?

Guillaume Cizeron : Écoutez, je pense que dans un duo, « on » est une symbiose, « on » devient un produit avec deux éléments. Je crois que c’est vraiment ce qui fait la magie de la danse sur glace. Il y a une émotion qui se dégage d’un partenariat. Je n’aurais jamais pu faire ce que j’ai fait hier sans Laurence et je pense que ça a toujours été la magie de ce sport là. On dépend l’un de l’autre et c’est ce qui crée ces moments magiques sur la glace.

Le duo américain était très attendu, avez-vous éprouvé une forme de doute en amont de la finale ?

Laurence Fournier Beaudry : Moi, je n’avais pas de doute. J’avais totalement confiance en mon partenaire. Je sais que c’est le meilleur patineur au monde, donc, j’avais très hâte de prendre ma place sur la glace et de profiter du moment, du court moment qu’on avait ensemble, puis de revenir avec des souvenirs mémorables.

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