Madagascar: après le cyclone Gezani, l’urgence humanitaire pour Tamatave

Le gouvernement malgache a déclaré l’état de sinistre national ce jeudi soir après le passage dévastateur du cyclone Gezani. Le dernier bilan fait état de 38 morts et de plus de 260 000 sinistrés. C’est la ville de Tamatave qui a payé le prix fort : le grand port de l’Est est détruit à près de 75 %. Dans un paysage de ruines, les ONG tentent d’organiser les secours.

Avec Aurélie Kouman correspondante RFI à Antananarivo, 

À Tamatave, l’urgence n’est plus seulement de s’abriter, mais de survivre. Frédéric Garcia, coordinateur général de Médecins du Monde France à Madagascar, décrit une situation logistique critique : « Il n’y a plus de courant dans la ville, il n’y a plus de centre de santé, donc ça c’est un réel problème, le plus grand besoin de la population c’est surtout d’avoir un toit. On a quand même pu acheminer un camion rempli de médicaments, qui est arrivé dans le cours de la journée. Et sinon on est plutôt appuyés au niveau aérien par les Nations unies qui ont un avion qui permet d’affréter du matériel et des médicaments. »

Mais au-delà des secours immédiats, une autre menace plane : comment tenir sur le long terme avec une économie locale à plat et des milliers de familles ayant tout perdu, Philippe Alard, directeur de l’ONG Humanité et Inclusion, ne cache pas ses craintes. « L’enjeu que l’on peut tous avoir, c’est un enjeu de dégradation de sécurité éventuellement sur Tamatave. On va avoir des personnes qui vont perdre des revenus parce que l’économie est à plat. Pour nous c’est plutôt cette dégradation que l’on voit à moyen terme, court terme. »

Cette inquiétude est d’autant plus vive car les programmes de l’USAID sont suspendus depuis août 2025. Pour le colonel Michaël Randrianirina, président de la transition, il est clair que l’aide internationale n’est plus une option, mais une question de survie nationale.

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