Intelligence artificielle en Afrique et le piège éducatif pour des nations vulnérables

L’intelligence artificielle est aujourd’hui un outil incontournable dans le quotidien des populations de plusieurs pays. Elle s’est invitée même dans les écoles comme une promesse de modernité.  Elle rédige, corrige, explique et simplifie. Un seul clic suffit pour transformer des devoirs complexes en solutions instantanées, donnant aux élèves l’impression d’accéder à un océan de connaissances.

Dans les pays sous-développés, où les manuels manquent et où les enseignants sont débordés, l’IA apparaît comme un raccourci, véritable bouée de sauvetage. 

Mais derrière cette merveille technologique se cache une menace silencieuse, la dépendance accrue des élèves à l’IA risque d’amputer leur capacité de réflexion. Dans les pays du Tiers-Monde comme la RD-Congo, le Burundi, le Togo…où les systèmes éducatifs sont très fragiles, cette tendance serait  un danger latent comparé au cheval de Troie, pour les pays en développement, une bombe à retardement. Il est devenu plus simple de télécharger VPN qui offre des avantages infinis de connexion à Internet, autant que les applications d’intelligence artificielle résolvent les problèmes quotidiens des apprenants sur le continent. Chatgpt, Gemini, Copilot, photomath…sont autant d’ IA très utilisées par les élèves africains. 

L’IA, une facilité trompeuse 

De l’Afrique en Asie en passant par l’Amérique Latine, les élèves de nombreuses écoles utilisent l’IA pour réaliser leurs devoirs. Plutôt que de réfléchir, d’analyser ou de structurer leurs idées, ces élèves se contentent de soumettre les consignes à un chatbot ou une application intelligente.

Si les résultats immédiats sont des devoirs impeccables, des dissertations bien rédigées, des exercices corrigés, les conséquences sont très profondes. Il s’agit de la perte progressive de l’autonomie intellectuelle et la capacité à raisonner par soi-même.

L’éducation censée façonner des esprits, se transforme en un système de reproduction automatisé. Les élèves deviennent non seulement des consommateurs passifs des contenus générés, incapables de développer leur propre pensée, mais aussi une génération télé programmée pour perpétuer le cycle du sous-développement 

Les pays pauvres face à une fracture cognitive

Dans les pays sous-développés, l’IA accentue  une fracture éducative déjà existante.  Plusieurs facteurs entrent en compte :

Manque de formation des enseignants : de moins en moins préparés à encadrer l’usage de l’IA, ils peinent à assurer filets de protection contre les excès. 

L’absence de régulation : contrairement aux pays développés qui font émerger des débats éthiques et des politiques éducatives, les pays du sud restent sans cadre clair, laissant aux enfants un accès sans limite à l’IA.

Risque d’un nivellement par le bas: plutôt que de stimuler la créativité et l’innovation, l’IA pourrait uniformiser les savoirs et réduire la diversité des pensées.

Au lieu de libérer les intelligences, l’IA devient paradoxalement une technologie qui les enferme dans une dépendance très dangereuse.

Cheval de Troie éducatif 

L’image du cheval de Troie illustre bien le danger. A court terme, l’IA donne l’illusion d’une réussite: devoirs rendus à temps, notes améliorées et élèves plus sûrs d’eux. A long terme, la technologie reste un cadeau empoisonné offert aux pays pauvres dans le but de les rendre incapables de penser par eux-mêmes et de produire un savoir original. 

Elle menace la créativité locale.

Éviter le piège !

Il n’est pas encore tard pour les pays pauvres d’empêcher la consommation aveugle de l’IA dans les écoles. Ce piège peut être évité en:

Investissant localement : développer des IA adaptées aux besoins et contextes locaux.

Formant les enseignants,  faisant de l’IA un outil et non un substitut. 

Encadrant l’usage. Il faut une politique publique pouvant aider à préserver l’esprit critique et la créativité. 

L’intelligence artificielle est une véritable menace. Elle devient une intelligence amputée dans des pays vulnérables, privant la population de sa capacité à réfléchir et à créer. Le manque d’un bon encadrement pour l’usage de cet outil risque de transformer l’éducation en un piège numérique où la dépendance à la technologie remplace l’effort humain.

SOURCE IGFM

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