Soudan : Les pourparlers de paix stagnent malgré les efforts de médiation
Les démarches pacificatrices sous la houlette des États-Unis au Soudan ont connu de nouveaux revers après que les Forces de soutien rapide (RSF), un groupe paramilitaire, ont décliné les requêtes de désengagement des zones qu’elles contrôlent, alors que les Forces armées soudanaises (SAF) ont préconisé que toute entente débute par le départ des RSF.
Sous la conduite de Massad BOULOS, conseiller principal des États-Unis, les médiateurs cherchent à dynamiser les discussions pour une trêve humanitaire de 90 jours au Soudan, néanmoins, les divergences persistantes entre les Forces armées soudanaises (SAF) et les Forces de soutien rapide (RSF) obstruent toujours les avancées.
Les SAF demandent l’élimination complète des RSF, alors que ces dernières considèrent que ces exigences équivalent à une reddition totale. « Les récentes avancées de l’armée au Kordofan ont renforcé sa position dans les négociations. Elles pourraient également faciliter le retour des civils chez eux et améliorer l’accès à l’aide humanitaire », a indiqué Mohiedeen MOHAMED, analyste.
D’après des informations militaires, les Forces armées soudanaises (SAF) ont renforcé leur emprise sur la voie d’exportation, reliant El OBEID, la ville principale de l’État du Kordofan du Nord, à Khartoum, malgré une augmentation des offensives par drones orchestrées par les Forces de soutien rapide (RSF), rapporte l’AFP.
Les intermédiaires espèrent qu’une cessation des hostilités facilitera la distribution de l’aide humanitaire et l’instauration de mesures destinées à restaurer la confiance. Néanmoins, l’intensification des combats sur plusieurs fronts rend les perspectives d’avancée plus complexes.
« Les récents combats dans le Kordofan ont redessiné le champ de bataille et poussé les deux camps à renforcer leurs positions. Cela montre qu’aucun des deux n’est prêt à faire des concessions, ce qui rend peu probable qu’une trêve humanitaire puisse améliorer la situation sur le terrain », a affirmé Abdolmoniem ABUIDREES, un autre expert.
Depuis avril 2023, les affrontements entre les Forces armées soudanaises (SAF) et les Forces de soutien rapide (RSF) ont entraîné la mort de dizaines de milliers de personnes et le déplacement de millions d’individus, tant au sein du Soudan que hors de ses limites. D’après l’ONU, près de 33,7 millions d’individus nécessiteront une assistance humanitaire cette année.
Rémi SOUSSO

