Crash d’une fusée Space X d’Elon Musk sur la Lune: entre pollution spatiale et ouverture sur la formation des systèmes planétaires
Un étage d’une fusée Space X lancée dans l’espace en janvier 2025 est entré en collision avec la Lune ce mercredi 5 août. C’est la première fois qu’un débris artificiel heurte la Lune. Les scientifiques tournent cet accident au positif: il va permettre de réaliser des analyses remontant aux origines des systèmes planétaires.
Par Thomas Ladonne – SOURCE TV5.ORG
Une collision inédite a eu lieu dans l’espace ce mercredi matin. Un étage d’une fusée Space X, l’entreprise d’Elon Musk, a percuté la Lune. Cette collision sans danger pour la Terre va probablement laisser un cratère à la surface du satellite naturel de la planète bleue. Pour l’instant, il est trop tôt pour observer quoi que ce soit. Les amateurs munis de leurs meilleurs télescopes n’ont pu qu’observer un flash de lumière à l’heure où la collision était prévue.
Rodrigo Palominos, opérateur de télescope à l’observatoire de Paranal au Chili, a confirmé à la BBC que, tôt ce matin, l’étage supérieur de la fusée Falcon 9 s’était écrasé. En janvier 2025, une mission américaine et japonaise avait lancé dans l’espace deux alunisseurs qui devaient arriver à leur destination grâce à une fusée Falcon 9, un type d’engin qui a la particularité d’être réutilisable.
Un choc à 8690 km/h
La fusée est composée de deux étages. Le propulseur, une fois avoir permis à l’engin de sortir de l’orbite de la Terre, fait demi-tour. Mais le deuxième étage de la fusée, qui a par la suite achevé sa mission de livraison avec succès, était contraint de rester en orbite dans l’espace. « Un mélange d’activité solaire et de forces gravitationnelles l’a finalement placé sur une trajectoire en direction de la Lune« , malgré les précautions prises par SpaceX, a affirmé Julianna Scheiman, une responsable de la société, lors d’une conférence de presse de la Nasa lundi.
Avant que ce bout de fusée ne rencontre la trajectoire de la Lune, les scientifiques avaient estimé son poids à 4 tonnes. Il a donc frappé la Lune à une vitesse d’environ 8690 km/h. Pour ce qui est des images de la collision et du nouveau cratère, il faudra patienter avant de pouvoir en observer. Pallab Ghosh, spécialiste science de la BBC, estime que pour obtenir une « image claire« , le processus peut prendre « entre quelques heures à des semaines« . Le crash a eu lieu proche du « cratère Einstein« , situé à l’opposé du site d’alunissage d’Apollo 11, où Neil Armstrong a posé le pied en 1969.
Même si cette collision est clairement un accident, les scientifiques ont décidé d’en tirer un enseignement positif. Leur premier objectif va être d’analyser les images de la Lune avant et après la collision. La BBC explique que la cheffe du département spatial du Musée de la science de Londres, Libby Jackson, estime qu’en étudiant la lumière qui s’est reflétée, les scientifiques peuvent déterminer sa composition. Ceci permettrait de mieux « comprendre comment la Lune s’est développée et comment les systèmes planétaires ont évolué et se sont formés il y a des milliards d’années« .
En revanche, cet accident amène aussi un lot de préoccupations, sachant que la Nasa a pour but affiché de s’installer durablement sur la Lune. L’astronome Jennifer Millard a alerté auprès de la BBC que cet accident aurait pu être une catastrophe si ce crash avait eu lieu sur une base lunaire par exemple.
Cet événement rappelle donc que les débris artificiels, générés par l’exploration humaine de l’espace, ne sont pas sans conséquences. De plus en plus d’objets se retrouvent en orbite autour de la Terre. « Dans quelques décennies, il se pourrait que ce soit compliqué d’aller au-delà de l’orbite de la Terre parce que l’espace est trop encombré« , a prévenu l’astronome Matt Bothwell lors d’une interview donnée à la BBC. « Cela s’appelle des débris spatiaux et nous devrions absolument nous en préoccuper. »

