Guerre au Moyen-Orient: les frappes reprennent pendant que Donald Trump et Benjamin Netanyahu se retrouvent à Washington

Après une accalmie de plusieurs jours, l’armée américaine dit avoir intercepté des missiles iraniens et frappé, avec l’Arabie saoudite, des milices pro-iraniennes en Irak. À Washington, Donald Trump a reçu Benjamin Netanyahu, une première depuis le début de la guerre en Iran.

Par Pascale Veysset avec agences

« Des avions de combat américains et saoudiens ont frappé plusieurs sites logistiques et d’armement terroristes dans l’est de l’Irak », a écrit le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), avertissant l’Iran et ses groupes alliés de cesser leurs attaques sous peine d’une nouvelle riposte américaine.

Le ministère de la Défense d’Arabie saoudite a confirmé ces frappes conjointes contre « des milices terroristes loyales à l’Iran », accusées d’avoir tenté d’attaquer, à l’aide de drones, des installations pétrolières dans l’est du royaume. Les Hachd al-Chaabi, ex-paramilitaires intégrés à l’armée irakienne, mais dont certaines composantes pro-iraniennes agissent toujours de manière autonome, ont affirmé avoir été visés par ces attaques américano-saoudiennes et ont fait état de plusieurs morts, blessés et dégâts matériels dans plusieurs régions d’Irak.

Le Centcom a, par ailleurs, affirmé avoir « intercepté avec succès » des missiles tirés par l’Iran, « dans le cadre d’une tentative d’attaque surprise contre les forces américaines basées au Moyen-Orient », sans préciser où cela avait eu lieu.

Au moins 20 morts en Irak

Au moins 20 membres d’une coalition d’ex-paramilitaires, intégrée aux forces étatiques en Irak, mais englobant des groupes armés pro-Iran, ont été tués dans des frappes américano-saoudiennes, ont indiqué mercredi 29 juillet deux sources au sein du Hachd al-Chaabi.

Les frappes ont visé des positions du Hachd al-Chaabi « à travers plusieurs provinces », mais la plus meurtrière a touché celle de Ninive, dans le nord de l’Irak, a précisé un des deux responsables, indiquant que le bilan allait probablement augmenter. 

Téhéran vise trois pétroliers dans le détroit d’Ormuz

Téhéran n’a pas confirmé dans l’immédiat avoir mené d’attaque contre l’armée des États-Unis. Selon l’agence Tasnim, les Gardiens de la révolution, armée idéologique de l’Iran, ont cependant annoncé avoir frappé et arrêté trois pétroliers qui tentaient de franchir le détroit stratégique d’Ormuz.

Le détroit d’Ormuz, par lequel transitait avant la guerre quelque 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié dans le monde, est de nouveau verrouillé par l’Iran depuis la reprise des hostilités entre Washington et Téhéran début juillet.

Mardi, les Houthis du Yémen avaient affirmé avoir visé, à l’aide de missiles balistiques, un pétrolier saoudien en mer Rouge, accusant le navire d’avoir « violé le blocus naval » que les rebelles soutenus par l’Iran disent avoir imposé au royaume.

Benjamin Netanyahu reçu à la Maison Blanche

Le conflit entre l’Iran et les États-Unis s’est récemment étendu à un front resté relativement calme depuis 2022, entre les Houthis et l’Arabie saoudite qui soutient militairement le gouvernement yéménite opposé aux rebelles.

Le président américain, Donald Trump, a reçu mardi 28 juillet à Washington le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu. « J’ai eu une très bonne réunion », a écrit Donald Trump sur son réseau social Truth. « Evidemment, de nombreux sujets importants ont été abordés », a ajouté le président des États-Unis, dans la même publication.

Dans une vidéo diffusée après la réunion, Benjamin Netanyahu a, lui, assuré avoir eu « la meilleure des conversations » avec Donald Trump, notamment sur leur « objectif commun: « S’assurer que l’Iran ne se dote pas d’arme nucléaire ». Pour autant, l’entretien à huis clos, qui a duré environ une heure et demie et à l’issue duquel les participants n’ont eu aucun échange avec la presse, ne dissipe pas l’impression de divergences entre eux.

Israël, qui avait lancé conjointement avec les États-Unis l’offensive sur Téhéran le 28 février ayant déclenché la guerre régionale, n’a pas pris part à la dernière vague d’affrontements en juillet. La visite à Washington de Benjamin Netanyahu intervient alors que le Premier ministre brigue un nouveau mandat aux législatives du 27 octobre, les derniers sondages le donnant en difficulté.

Les relations entre Donald Trump et Benjamin Netanyahu s’étaient fortement dégradées en avril, lors des négociations sur un premier cessez-le-feu entre Washington et Téhéran, Donald Trump s’en prenant alors vertement à son allié israélien, accusé de faire obstacle aux efforts diplomatiques.

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