Nigeria: au moins 23 morts, plus d’une centaine de blessés…
Au moins 23 personnes sont mortes et plus d’une centaine de blessés sont à déplorer après des explosions imputées à plusieurs attentats-suicides à Maiduguri, capitale de l’État de Borno au Nigeria. La veille, une attaque sur un poste militaire a déjà eu lieu près de cette grande ville du nord-est.
Par TV5MONDE avec AFP
Trois explosions ont eu lieu dans la soirée du lundi 16 mars, moins de 24 heures après l’attaque d’un poste militaire dimanche à minuit dans une banlieue de Maiduguri, située à quelques kilomètres de l’aéroport de la ville. « Au vu des premières investigations, on soupçonne des kamikazes », a indiqué dans un communiqué le porte-parole de la police, Nahum Kenneth Daso. « Malheureusement, 23 personnes ont perdu la vie au total et 108 autres ont été blessées à des degrés divers », a-t-il ajouté.
Un membre d’une milice anti-djihadiste locale a déclaré à l’AFP que le bilan pourrait s’élever à 31 morts. Située à trois heures d’avion environ de la capitale économique Lagos, Maiduguri compte plus d’un million d’habitants, et se situe non loin du Tchad, du Cameroun et du Niger. Les assaillants ont visé le marché principal de la ville, l’entrée de l’hôpital universitaire de Maiduguri et les environs des locaux de la Poste.
Des policiers sécurisent les lieux de l’explosion survenue dans un marché de Maiduguri
AP Photo / Jossy Ola
Mala Mohammed, 31 ans, qui a échappé à l’explosion sur le marché, a raconté avoir d’abord entendu deux détonations et vu des gens paniqués se mettre à courir. « À ce moment-là, nous ne savions pas exactement ce qui s’était passé. Mais au bout de deux ou trois minutes, d’autres personnes qui couraient le long de la route ont commencé à crier qu’il y avait eu une bombe à l’entrée du marché », se souvient-il
« Beaucoup se sont précipités vers le quartier de la Poste, car l’entrée du marché et la Poste ne sont pas très éloignées l’une de l’autre », poursuit-il. « Malheureusement, alors qu’ils couraient vers la Poste, une personne qui portait l’engin explosif s’est lancée dans la foule alors que les gens tentaient encore de s’échapper. » Un journaliste de l’AFP présent dans un hôpital de Maiduguri lundi soir a vu des dizaines de blessés cherchant à se faire soigner après les explosions de lundi, ainsi que de nombreux corps recouverts de draps sur le trottoir à l’extérieur.
14 personnes tuées la semaine dernière
« La situation est revenue à la normale dans les zones touchées » et les forces de sécurité ont renforcé leur « présence et leur surveillance à Maiduguri et dans ses environs afin d’empêcher tout nouvel incident », a assuré la police dans un communiqué tôt mardi matin.
Le gouverneur de l’État de Borno, Babagana Zulum, a qualifié ces attentats présumés de « barbares ». « La récente recrudescence des attaques n’est pas sans rapport avec les opérations militaires intensives menées dans la forêt de Sambisa », un bastion djihadiste notoire, a-t-il affirmé. En décembre, un attentat à la bombe non revendiqué avait fait au moins sept morts dans une mosquée de Maiduguri.
On aperçoit des policiers sur les lieux d’un attentat à la bombe survenu au marché.
L’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap) est particulièrement actif dans cette région. Ces attentats interviennent après une période de relative tranquillité dans la ville depuis que l’insurrection avait été repoussée vers les zones rurales reculées. Théâtre de fusillades et d’attentats à la bombe, avec un pic d’attaques au milieu des années 2010, Maiduguri était plutôt calme depuis quelques années. La violence a toutefois persisté dans les campagnes environnantes et ces derniers mois, les groupes jihadistes ont intensifié leur pression.
La semaine dernière, l’armée a confirmé des « attaques coordonnées » contre plusieurs bases militaires dans le Nord-Est, qui ont tué au moins 14 personnes dont 10 soldats. Les États-Unis ont annoncé récemment l’envoi de 200 soldats au Nigeria pour aider l’armée nigériane à combattre les jihadistes.
Depuis 2009, les attaques djihadistes dans le nord-est du Nigeria, perpétrées principalement par Boko Haram et le groupe djihadiste rival État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), ont fait plus de 40.000 morts et environ deux millions de déplacés, selon l’ONU.

