Sous pression pour désarmer le Hezbollah, le président libanais reçu par Trump
Par © 2026 AFP – Le président libanais Joseph Aoun est reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, au moment où son armée a entamé un déploiement test dans une zone du sud dont l’armée israélienne contrôlait les abords.
Cette première rencontre entre les deux chefs d’Etat intervient alors que Washington fait pression sur Beyrouth pour désarmer le Hezbollah pro-iranien, condition d’Israël pour se retirer du sud du pays.
Mardi, l’armée libanaise s’est déployée dans le village de Zawtar al-Gharbiya, en vertu d’un accord avec Israël parrainé par Washington, qui prévoit l’établissement de « zones pilotes ».
Ce déploiement constitue un « véritable test », d’abord quant à « la volonté de l’armée israélienne de se retirer » des zones qu’elle occupe réellement, mais également « de la position du Hezbollah » qui rejette l’accord, commente pour l’AFP l’analyste Hassan Jouni.
Le président libanais a indiqué qu’il entendait demander à son homologue américain de faire pression sur Israël pour qu’il se retire du sud dont il occupe une large partie.
Or Israël refuse tout retrait tant que le mouvement chiite ne sera pas désarmé, une mesure exigée également par Washington.
« Tant que ce problème perdurera, le Liban ne connaîtra jamais une paix véritable », a dit le secrétaire d’Etat Marco Rubio, qui a rencontré dimanche le président Aoun.
Il a dans le même temps « salué le courage du gouvernement libanais (..) pour ses efforts déterminés à rétablir la souveraineté libanaise, à désarmer le Hezbollah et à démanteler son infrastructure terroriste ».
« Inquiétudes »
La visite de Joseph Aoun est la première d’un président libanais à Washington depuis 2009.
« Cette réunion démontre un intérêt continu des Etats-Unis pour le Liban », mais « soulève de nombreuses inquiétudes quant aux demandes supplémentaires qui pourraient être adressées au Liban », relève Maha Yehya, directrice du Carnegie Middle East Center.
Joseph Aoun, ancien commandant en chef de l’armée, avait été élu en janvier 2025 avec le soutien de l’Occident, marquant un basculement dans la politique du Liban.
Depuis son accession au pouvoir, il s’est engagé à désarmer le puissant Hezbollah.
Mais la formation pro-iranienne refuse et a entraîné le pays début mars dans une nouvelle guerre avec Israël, en solidarité avec l’Iran.
Plus de 4.300 personnes ont été tuées depuis dans des frappes massives de l’armée israélienne, qui a également mené une offensive terrestre et occupe une large partie du sud du Liban.
Les violences ont baissé d’intensité depuis que le Liban et Israël ont entamé en avril des négociations dans une tentative de dissocier le dossier libanais de la guerre régionale.
Dans le même temps, Téhéran avait exigé l’arrêt des hostilités au Liban pour conclure un protocole d’accord avec Washington le 17 juin, qui a depuis volé en éclats avec la reprise des hostilités entre l’Iran et les Etats-Unis.
« Contrepartie »
Le président libanais va également demander à son homologne américain une aide substantielle pour l’armée libanaise.
En contrepartie, Donald Trump « voudra sans doute obtenir de nouvelles preuves du sérieux des engagements de Joseph Aoun » à désarmer le Hezbollah, révoquer les officiers de l’armée soupçonnés de collusion avec le mouvement, et parvenir à la paix avec Israël, énumère Robert Satloff, directeur exécutif du Washington Institute.
Selon lui, la rencontre donnera aussi « à Aoun l’occasion de mettre un terme à une idée dangereuse qui semble avoir séduit Donald Trump: autoriser la Syrie à déployer des troupes au Liban afin, prétendument, d’écraser le Hezbollah ».
Donald Trump avait lancé des appels répétés en ce sens, en critiquant la stratégie du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu au Liban. Mais le président islamiste syrien Ahmad al-Chareh a assuré n’avoir aucune intention d’intervenir au Liban et de rouvrir les plaies du passé.

