Incendies en France et en Espagne: un nouvel épisode de canicule menace d’attiser les brasiers
Une nouvelle journée de lutte s’annonce ce lundi 27 juillet pour les pompiers français et espagnols, confrontés aux gigantesques incendies qui ravagent la région bordelaise et la périphérie ouest de Madrid. L’épisode de fortes chaleurs, attendu dès mardi, fait craindre une aggravation de la situation.
Par Pascale Veysset avec agences
Ces incendies ont déjà forcé plus de 325.000 personnes à fuir, notamment près de Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, où les flammes se situent à 15km de l’agglomération, mais aussi dans plusieurs régions espagnoles. Après plusieurs journées de progression ininterrompue des feux en Gironde, « la situation est restée globalement stable au cours de la nuit, sans évolution majeure à signaler », a écrit la préfecture lundi 27 juillet matin, dans une boucle réservée aux médias.
Les pourtours du très touristique bassin d’Arcachon ont auparavant fait face à un redoutable « pyrocumulonimbus » appelé « orage de feu », selon le lieutenant-colonel Éric Brocardi. Face à ce phénomène, comme à l’ampleur des feux et des flammes, les pompiers jouent en défense, selon l’image de ce porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers : « C’est une stratégie de guerre, on n’arrête pas de se faire bombarder et il faut mettre tout le monde à l’abri ».
Près de 40°C attendus
Météo-France prévoit une probable vague de chaleur sur le sud-ouest à partir de mardi 28 juillet, avec des maximales allant jusqu’à 40°C et des vents un peu moins forts mais plus secs. Quelque « 115.000 hectares ont été parcourus » à ce stade par des incendies, depuis le début de l’année en France, « bien plus que ce qu’on a pu connaître par le passé », a annoncé dimanche 26 juillet le ministre de l’Intérieur français, Laurent Nuñez, sur une chaîne publique française. Il évoque « 30 à 40 feux combattus simultanément » au quotidien.
Le ministre français a répété que, sur le front des incendies en Gironde, dans les Landes (sud-ouest) et le Var (sud-est) notamment, la situation restait « très défavorable ». Le brasier géant a englouti 240 habitations, et quelque 220.000 personnes ont été évacuées depuis mercredi 22 juillet. De nombreux bénévoles assistent ces réfugiés du feu, comme Yannick Poulet. « Il faut aider tous ceux qu’on peut aider pour sauver les habitants, sauver nos bois, nos villages et nos villes. C’est une petite aide dans cet océan de besoins », décrit ce fonctionnaire territorial de 59 ans.
Sur cette côte atlantique française, dans le département de la Gironde, les flammes ont parcouru à ce jour 42.000 hectares, soit quatre fois la superficie de Paris et « 10.000 de plus » que la veille, selon la préfète Brocas. Elles sont désormais « à 15 kilomètres » de la métropole bordelaise (850.000 habitants), mais une évacuation de la ville n’est « pas à l’ordre du jour », a réaffirmé son maire Thomas Cazenave. Une fumée orangée obscurcit le ciel de Bordeaux et l’odeur de brûlé atteint les rues.
Au Porge, entre la station balnéaire chic du Cap Ferret et Bordeaux, les images aériennes témoignent de la violence du feu : des rangées de maisons ravagées, des voitures carbonisées et des bâtiments entièrement détruits.
Première victime en Espagne
De terribles incendies font également rage en Espagne, où le Premier ministre, Pedro Sanchez s’attend à des « heures difficiles ». Il se rendra lundi dans la zone sinistrée de Castellón, près de Valence. « Nous accumulons ici une quantité de problèmes. Mais ces choses peuvent être évitées. La plus grande partie de l’Espagne est boisée, qu’on ne me dise pas qu’elle est propice aux incendies: c’est parce que rien n’est nettoyé », peste Juan Manuel Moreno, 71 ans, originaire du village d’Aldea del Fresno, dans la région de Madrid.
L’incendie d’Avila, près de Madrid, est le plus grand de l’histoire récente du pays (25.000 ha ravagés, 60.000 personnes évacuées). Près de Valence, dans l’est de l’Espagne, le feu a fait une première victime.
De premiers retours à domicile sont prévus ce lundi pour les évacués des incendies de la région de Madrid, « une fois les conditions de sécurité réunies », a annoncé le préfet de la région dans la nuit de dimanche à lundi, un premier signe d’amélioration même si le feu n’est « toujours pas maîtrisé ».
Les autorités doivent communiquer « un horaire » pour « la réouverture du camping d’El Escorial qui avait entraîné l’évacuation de 4500 personnes » et pour une maison de retraite à San Martín de Valdeiglesias, près de Madrid.

