Après la rencontre des maires avec le Président Diomaye: L’Apr dénonce une «arnaque politique»
Dans une déclaration virulente publiée ce samedi 4 juillet 2026, la Chambre des élus de l’Alliance pour la République (Apr) conteste vigoureusement le ralliement annoncé de 306 maires à la coalition présidentielle. Le parti de l’ancien chef de l’Etat évoque une manœuvre de désinformation et l’enrôlement forcé d’élus locaux.
La tension politique monte d’un cran au Sénégal autour du contrôle des collectivités territoriales. Moins de vingt-quatre heures après la réunion des maires initiée sous la bannière de la coalition «Diomaye Président», l’Alliance pour la République (Apr) est montée au créneau. Par le biais de sa Chambre des élus, la formation politique d’opposition a fermement rejeté les chiffres officiels avancés par le pouvoir en place, qualifiant l’événement d’«arnaque politique de haute voltige».
Au cœur de la discorde : le chiffre de 306 maires déclarés comme membres ou soutiens de la coalition au pouvoir. Pour l’Apr, cette statistique relève purement et simplement d’une «opération de propagande politique sans aucun fondement vérifiable». Le parti déplore l’absence d’une liste officielle, transparente et contradictoire permettant de valider ce qu’il qualifie de majorité territoriale «factice et fabriquée artificiellement».
Au-delà du simple jeu des chiffres, la Chambre des élus de l’Apr dénonce la méthode employée pour mobiliser les édiles. Selon le communiqué, de nombreux magistrats municipaux auraient répondu à l’invitation en pensant participer à une rencontre institutionnelle républicaine avec le chef de l’Etat, dans le cadre strict de ses fonctions constitutionnelles. «Ils découvrent aujourd’hui, avec stupéfaction, qu’ils ont été enrôlés de force dans une coalition politique, transformés en membres fondateurs d’un parti politique et présentés comme futurs candidats investis aux élections locales, sans consultation préalable et sans leur consentement», fustige le document.
L’ex-parti au pouvoir qualifie cette démarche de «forfaiture politique», y voyant une tentative de confiscation de la représentativité locale, ainsi qu’une instrumentalisation inédite de la haute fonction présidentielle à des fins purement partisanes. Les rédacteurs de la déclaration affirment par ailleurs que les organisateurs ont non seulement trompé l’opinion, mais ont également induit en erreur le président de la République lui-même.
Face à ce qu’elle qualifie de «mise en scène politique grossière», la Chambre des élus de l’Apr a lancé un appel solennel à l’ensemble des maires s’estimant abusivement comptabilisés à rompre le silence et à dénoncer publiquement ces pratiques. Réaffirmant que «la légitimité politique ne se décrète pas», l’Apr invite les citoyens à la vigilance et rappelle que le soutien populaire se conquiert exclusivement dans les urnes, dans le respect strict de la dignité des élus locaux.
LEQUOTIDIEN

