Reprise des chantiers bloqués: L’État veut lever les pieds du foncier
A la suite des «audits fonciers rigoureux» menés dans les régions de Dakar, Thiès et Saint-Louis, le Secrétariat général du gouvernement a publié un point d’étape crucial. Entre régularisations pour les propriétaires de bonne foi et annulations de plans d’urbanisme pour cause d’utilité publique, la Primature engage une course contre la montre pour assainir le secteur d’ici la fin de l’année 2026.
Par Justin GOMIS – Après plus de deux ans d’arrêt spectaculaire, qui aura coûté au pays de nombreuses entreprises du Btp et des pertes d’emploi, la poussière se dissipe. Le feuilleton des audits fonciers au Sénégal entre dans une phase décisive. Initiée par des communiqués officiels datant des 31 juillet et 7 novembre 2024, la mesure conservatoire de suspension des travaux sur plusieurs lotissements majeurs, Plans d’urbanisme de détail (Pud) et pôles urbains touche désormais à sa fin pour de nombreux usagers. L’objectif initial était clair : figer la situation le temps de faire toute la lumière sur la régularité des attributions foncières dans les zones les plus sous tension du pays (notamment les sites «Boa», «Hangar des Pèlerins», «Mbour IV», «Daga Kholpa» ou encore «Ndiebène Gandiole»).
Le processus de vérification a d’ores et déjà permis de discriminer les situations. Un premier élan de mainlevée de suspension a permis à un nombre conséquent de détenteurs réguliers de titres, ayant agi de bonne foi, de prendre enfin possession de leur attribution. Cependant, la rigueur reste de mise. En application directe des hautes directives issues du Conseil des ministres du 1er juillet 2026, l’Etat a pris des mesures fermes. Des décrets d’utilité publique ont été actés, entraînant l’annulation pure et simple de plusieurs documents d’urbanisme stratégiques. Sont notamment concernés l’intégralité du Pud de la «Nouvelle-Ville de Thiès», la portion comprise entre la Voie de dégagement nord (Vdn) et l’océan des Pud de «Guédiawaye» ; le Pud de «Yeumbeul-Malika-Tivaouane Peulh».
Sous l’impulsion du Premier ministre, le Comité chargé du suivi de la mise en œuvre des recommandations est désormais soumis à une obligation de résultat pour la seconde moitié de l’année 2026. En parfaite synergie avec les administrations compétentes, ce comité doit finaliser l’élaboration des actes administratifs requis, mener les arbitrages nécessaires et dresser un état des lieux exhaustif. Cette démarche vise à prononcer la levée définitive des suspensions pour tous les occupants légitimes. L’accent est mis sur l’éradication des fraudes : ne pourront prétendre à une régularisation que les dossiers exempts de tout vice de forme ou de fond, avec une vigilance accrue concernant le phénomène d’accaparement pluri-parcellaire.
Il est demandé aux détenteurs de titres sur ces différents sites de s’abstenir de tout acte tendant à la reprise des travaux sans autorisation préalable. Toute contravention en la matière fera l’objet de mesures appropriées à l’encontre des contrevenants.

