Iran: les funérailles d’Ali Khamenei s’ouvrent sur fond de démonstration de force
L’Iran enterre son guide suprême, dont le cercueil a reçu ce vendredi 3 juillet les premiers hommages de dirigeants iraniens dans le complexe religieux de la Grande Mosalla. Ali Khamenei avait été tué le 28 février dernier dans les frappes israélo-américaines qui ont déclenché la guerre. Cent vingt-six jours après sa mort, ses funérailles débutent ce week-end à Téhéran, rendues possibles par le cessez-le-feu avec Washington.
Trois jours de cérémonies s’ouvrent dans la capitale iranienne. Elles débutent samedi et culmineront lundi avec un rassemblement gigantesque. « Vingt millions de personnes », promettent les autorités, soit près d’un quart de la population du pays.
L’hommage populaire a déjà commencé et le deuil est omniprésent. Les chants religieux résonnent jusque tard dans la nuit. À chaque coin de rue, les portraits du guide défunt : son turban, sa barbe, son regard… Partout aussi, des banderoles défient l’ennemi : « Nous réclamons vengeance ! »
Des centaines de petits rassemblements se tiennent dans la capitale. Hommes et femmes brandissent le drapeau iranien, celui des Gardiens de la Révolution, pilier militaire et politique de la République islamique, mais aussi les drapeaux jaune et vert du Hezbollah libanais, considéré ici comme un allié.
Un parcours à travers les hauts lieux du chiisme
Après Téhéran, les cérémonies se poursuivront à Qom, grande ville sainte du chiisme. Elles passeront ensuite par l’Irak, avec des étapes à Nadjaf et Karbala notamment, deux hauts lieux de la spiritualité chiite. Enfin, cap sur Mashhad, dans l’est du pays. C’est là qu’Ali Khamenei sera enterré le 9 juillet, dans sa ville natale, près du sanctuaire de l’imam Reza, l’un des lieux les plus sacrés du chiisme.
Ce deuil national est aussi celui des victimes des bombardements israélo-américains. Téhéran porte encore les cicatrices de la guerre : quelques gravats, des immeubles éventrés et les portraits d’enfants tués pendant les bombardements.
Une démonstration de force
Ces obsèques ont aussi une portée politique : un message adressé aux États-Unis et à Israël après plusieurs mois de guerre. Car au-delà de l’hommage, ces funérailles doivent également sceller la transition. L’objectif est de montrer que le régime reste debout malgré la disparition de son homme fort et les bombardements qui ont frappé le cœur du pouvoir.
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A cette occasion, le chef des gardiens de la Révolution, Ahmad Vahidi, a fait sa toute première apparition publique depuis le début de la guerre. Il s’est recueilli ce vendredi devant la dépouille du guide suprême, exposé dans le complexe religieux de la Mosalla. Le président iranien Massoud Pezeshkian et des membres du gouvernement dont l’influent Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement, et le ministre des Affaires étrangères Amir Khan Muttaqi, ont également rendu hommage au leader décédé.
Le ministre taliban des Affaires étrangères d’Afghanistan, Amir Khan Muttaqi, et le Premier ministre pakistanais, Shebaz Sharif, accompagné du chef de l’armée pakistanaise, font partie des dirigeants étrangers qui se sont rendus vendredi devant la dépouille de l’ex-guide suprême. L’ancien président russe, Dmitri Medvedev, dont le pays entretient des liens étroits avec l’Iran, s’est lui aussi recueilli. Au total, les dirigeants et responsables d’une trentaine de pays, principalement voisins, étaient attendus.
Une inconnue demeure toutefois : Mojtaba Khamenei, le fils et successeur d’Ali Khamenei, devenu guide suprême après son père, fera-t-il une première apparition publique ? Les autorités assurent qu’il dirige les affaires de l’État, sans expliquer les raisons de son absence.
Par :Sami Boukhelifa. De notre envoyé spécial à Téhéran,

