Le Sénégal, la Côte d’Ivoire et la RD Congo épargnés… Donald Trump réduit les ambassades des États-Unis en Afrique pouvant délivrer des visas

En Afrique, moins d’ambassades pourront délivrer des visas vers les États-Unis, a révélé l’agence américaine Associated Press ce mardi 2 juin. Ce nouveau volet de la politique anti-immigration de l’administration de Donald Trump est prévue pour courant juin. Sur 50 sites pouvant en délivrer, il n’en restera que 20.

Par Thomas Ladonne avec Associated Press

L’administration de Donald Trump durcit une fois de plus sa politique anti-immigration. Cette fois-ci, c’est directement au cœur des relations diplomatiques qu’ils entretiennent avec 50 pays d’Afrique que les États-Unis vont déployer une politique de restriction des visas. Le nombre d’ambassades et consulats habilités à délivrer des visas va être réduit, passant de 50 à 20 selon des informations de l’agence de presse américain Associated Press (AP).

L’agence s’est procurée les témoignages de trois officiels américains qui ont pu parler sous couvert d’anonymat, ainsi qu’un mémo interne. Aucune date précise n’est arrêtée quant au début de ce changement, mais les nouvelles règles devraient entrer en vigueur au courant du mois juin. Selon ces sources et en vertu d’une directive approuvée la semaine du 25 mai par le chef de la diplomatie Marco Rubio, le Département d’État réduira ses activités consulaires dans toute l’Afrique, à l’exception de 20 « hubs ».

Kinshasa, Dakar, Abidjan… continuent de délivrer des visas

Ces 20 sites sont: Kinshasa en République démocratique Congo, Dakar au Sénégal, Abidjan en Côte d’Ivoire, Yaoundé au Cameroun, Accra au Ghana, Addis-Abeba en Éthiopie, Le Cap et Johannesburg en Afrique du Sud, Dar Es Salam en Tanzanie, Djibouti à Djibouti, Kampala en Ouganda, Kigali au Rwanda, Lagos au Nigeria, Lomé au Togo, Luanda en Angola, Malabo en Guinée équatoriale, Monrovia au Liberia, Nairobi au Kenya, Port Louis à Maurice et Praia au Cap-Vert.

Cette nouvelle politique fait partie du souhait de l’administration de Donald Trump de baisser le nombre de visas accordés vers les États-Unis, dans une volonté de réduire l’immigration de toute nature au sein du pays. En tête de cible: les personnes qui entrent aux États-Unis avec des visas temporaires mais qui, au final, restent plus longtemps que prévu.

15.000 dollars de caution

À ce sujet, le président américain avait déjà mis en place des cautions de visas, visant plusieurs pays africains. Concrètement, les personnes souhaitant voyager depuis ces pays vers les États-Unis doivent payer entre 5.000 et 15.000 dollars de caution, qui leur sont rendus une fois rentrés dans leurs pays d’origine. Cette caution a toutefois été partiellement levée pour certains supporters africains, à l’approche de la Coupe du monde 2026, qui aura lieu du 11 juin au 19 juillet au Canada, au Mexique et aux États-Unis.

Sans détour, cette nouvelle législation crée des inégalités lourdes. La règle implique qu’un citoyen d’un pays qui ne possède pas de pôle, va devoir voyager dans l’un d’eux pour déposer sa demande. Une demande qui peut déjà être coûteuse, à laquelle s’ajoutera donc des frais de voyage, à la charge des demandeurs. Concrètement, c’est une politique de dissuasion qui est ici mise en place par les États-Unis.

Pour un citoyen d’un pays d’Afrique, obtenir un visa pour les États-Unis est donc devenu très compliqué. En plus de ces cautions, certains pays ont déjà été ciblés par des interdictions de voyager. La résurgence du virus Ebola a aussi provoqué de nouvelles restrictions.

Les sections consulaires dans les pays qui n’ont pas de site conserveront un rôle principalement dédié aux citoyens américains et aux affaires urgentes. Pour justifier cette décision, le Département d’État a annoncé qu’il “évalue en permanence ses opérations à l’étranger afin d’utiliser les fonds publics de manière à faire progresser les priorités des États-Unis avec le plus d’efficacité et d’efficience possible”.

Il a précisé que cela « comprend une procédure de délivrance de visas qui respecte des normes rigoureuses en matière de contrôles de sécurité et de vérification des antécédents, et qui aligne les ressources et les capacités opérationnelles sur les intérêts nationaux des États-Unis« . 

En résumé, cette politique est caractéristique du Make America Great Again (Rendre sa grandeur à l’Amérique) de Donald Trump, héritier de l’America First (l’Amérique en premier) de Woodrow Wilson, le président des États-Unis de 1913 à 1921. Plus généralement, l’administration américaine a en parallèle réduit le personnel dans ses ambassades à travers le monde, appuyant cet élan de repli voulu par Donald Trump.

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