Moyen-Orient: la Russie fera «tout» pour ramener la paix, assure Vladimir Poutine au chef de la diplomatie iranienne
Ce qu’il faut retenir
► Alors que Donald Trump a annulé le déplacement de ses émissaires à Islamabad samedi 25 avril, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a effectué plusieurs déplacements ces derniers jours dans le cadre des tractations pour relancer les négociations visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
► Après un passage par Islamabad et Oman, Abbas Araghchi a rencontré lundi, à Saint-Pétersbourg, le président russe Vladimir Poutine. Celui-ci a assuré que son pays fera « tout » pour aider à ramener la paix au Moyen-Orient afin qu’elle soit obtenue « le plus rapidement possible ». Il a également salué « la bravoure » et « l’héroïsme » du peuple iranien et affirmé que Moscou entend « continuer sa relation stratégique » avec Téhéran.
► Ce lundi 27 avril, l‘armée israélienne a annoncé avoir frappé des positions du Hezbollah libanais dans la région de la Bekaa, malgré le cessez-le-feu en vigueur. Selon un décompte de l’AFP, basé sur les chiffres du ministère libanais de la Santé, les frappes israéliennes ont tué au moins 40 personnes au Liban depuis le début de la trêve fragile le 17 avril.
Merci de nous avoir suivis
C’est la fin de ce live consacré aux événements de la journée du lundi 27 avril concernant le conflit au Moyen-Orient. RFI continuera de vous informer de l’évolution de la situation dans la région avec un nouveau live à retrouver sur notre site internet, ce mardi 28 avril.
Donald Trump «n’aime pas» la dernière proposition transmise par l’Iran pour mettre fin au conflit
Donald Trump est mécontent de la dernière proposition transmise par l’Iran via l’intermédiaire du Pakistan
parce que celle-ci n’inclut pas la question du programme nucléaire iranien, affirme un représentant américain. «Il n’aime pas la proposition», a-t-il dit à propos du chef de la Maison Blanche.
Ces commentaires ont été effectués quelques heures après que la porte-parole de la Maison blanche a déclaré que Donald Trump avait discuté avec ses principaux conseillers d’une nouvelle proposition iranienne destinée à mettre fin au conflit.
Karoline Leavitt a ajouté que la proposition ne répondait pas aux attentes de Donald Trump.
Le chef de la diplomatie iranienne se dit «ravi» d’avoir pu dialoguer avec la Russie «au plus haut niveau»
Dans un message posté sur le réseau social X, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, qui a rencontré lundi le président russe Vladimir Poutine à Saint-Pétersbourg, déclare être «ravi» d’avoir pu dialoguer avec la Russie «au plus haut niveau» alors que le Moyen-Orient «est en pleine mutation».
«Notre relation continue de grandir […]. Nous saluons le soutien de la Russie à la diplomatie», écrit-il aussi, ajoutant à propos des liens entre Téhéran et Moscou : «Les événements récents ont démontré l’étendue et la solidité de notre partenariat stratégique».
L’Iran révise le bilan de la frappe contre l’école de Minab à 155 morts
Selon un bilan révisé à la baisse diffusé par la télévision d’État Irib, le bombardement de l’école de Minab, dans le sud de l’Iran, au premier jour de la guerre au Moyen-Orient le 28 février, a tué 155 personnes dont 120 enfants. À la fin mars, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, avait déclaré devant l’ONU que «plus de 175 élèves et enseignants [y avaient] été massacrés de sang-froid».
Mais d’après un nouveau bilan publié par Irib et des médias locaux qui citent un responsable du pouvoir judiciaire iranien, «73 garçons, 47 filles, 26 enseignants, sept parents, un conducteur de car scolaire et un pharmacien de la clinique près de l’école sont morts en martyrs dans l’attaque de l’école de Minab».
La stabilité dans le Golfe passe par des «garanties crédibles» de sécurité pour l’Iran, affirme l’ambassadeur iranien à l’ONU
Le retour de la sécurité et la stabilité dans le Golfe passe par des «garanties crédibles» pour l’Iran contre toute nouvelle attaque américano-israélienne, a déclaré lundi l’ambassadeur iranien aux Nations unies. «Une stabilité et une sécurité durables dans le Golfe et dans la région au sens large ne peuvent être garanties que par une cessation durable et permanente de toute agression contre l’Iran, accompagnée de garanties crédibles de non-répétition et du plein respect des droits et intérêts souverains légitimes de l’Iran», a déclaré Amir Saeid Iravani lors d’une session du Conseil de sécurité.
Liban: des frappes israéliennes font 4 morts dans le sud, annonce le ministère de la Santé
Le ministère libanais de la Santé a annoncé que des frappes israéliennes menées lundi sur le sud du pays ont tué quatre personnes dont une femme et fait 51 blessés, dont trois enfants, malgré le cessez-le-feu conclu entre Israël et le Liban. Selon un décompte de l’AFP basé sur les chiffres du ministère de la Santé, les frappes israéliennes ont tué au moins 40 personnes au Liban depuis le début de la trêve fragile le 17 avril.
Le pétrole grimpe faute d’avancées sur la réouverture du détroit d’Ormuz
Les cours du pétrole ont progressé lundi, après un weekend marqué par l’absence de progrès sur le front des négociations entre les Etats-Unis et l’Iran, qui fait craindre un blocage plus prolongé encore du détroit d’Ormuz. Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juin, a pris 2,75% à 108,23 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, a gagné 2,09% à 96,37 dollars.
Quels intérêts la Russie poursuit-elle après l’impasse des négociations irano-américaines?
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a accusé lundi les États-Unis d’avoir fait échouer les pourparlers de paix, lors d’une visite en Russie où il a été reçu par le président Vladimir Putin.
Les discussions menées à Islamabad sur un cessez-le-feu et la réouverture du détroit d’Ormuz sont actuellement dans l’impasse. Dans ce contexte, Téhéran se tourne vers Moscou, qui a assuré vouloir contribuer à mettre fin à la guerre.
Pour Cyrille Bret, expert à l’Institut Montaigne, cette implication s’inscrit dans une stratégie plus large de la Russie. « C’est toute la posture développée par Vladimir Poutine ces trois dernières décennies : apparaître comme une superpuissance et replacer la Russie dans la catégorie des grands, en première division internationale », explique-t-il au micro de Murielle Paradon.
L’expert souligne également un enjeu régional. « Le deuxième très grand intérêt, c’est de rassurer ses réseaux d’alliances au Moyen-Orient », indique-t-il, rappelant que les premières semaines du conflit entre l’Iran, Israël et les États-Unis ont montré que « l’alliance russe n’était pas forcément la meilleure assurance vie ».
Selon lui, Moscou dispose de réseaux « extrêmement denses et diversifiés » dans la région. « C’est une façon pour la Russie de dire : nous comptons encore et nous comptons pour nos alliés dans cette région », conclut-il
Donald Trump s’est réuni avec ses conseillers de sécurité sur une proposition iranienne
Donald Trump a tenu lundi une réunion sur l’Iran où une proposition iranienne a été discutée, a confirmé la Maison Blanche, tandis que les négociations piétinent sur le cessez-le-feu et la réouverture à la navigation du détroit d’Ormuz.
Selon le site Axios, l’Iran a transmis aux Etats-Unis une nouvelle proposition visant à rouvrir le détroit d’Ormuz et mettre fin à la guerre, et, à une date ultérieure seulement, négocier sur le dossier nucléaire.
«Je peux confirmer que le président a rencontré son équipe de sécurité nationale ce (lundi) matin» et «la proposition (iranienne) a été discutée», a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt, confirmant ces informations de presse.
«Les lignes rouges du président concernant l’Iran ont été très clairement établies», a-t-elle ajouté lors d’un point presse. Interviewé lundi par Fox News, le secrétaire d’Etat Marco Rubio a, lui, déclaré que les propositions iraniennes sur le détroit d’Ormuz ne répondaient pas aux demandes américaines.
«Si ce qu’ils (les autorités iraniennes) entendent par ‘ouvrir le détroit’, c’est: oui, le détroit est ouvert à condition que vous vous coordonniez avec l’Iran, que vous obteniez notre autorisation, sinon nous vous ferons sauter et vous devrez nous payer, alors ce n’est pas ouvrir le détroit», a-t-il affirmé.
«Ils ne peuvent pas normaliser – et nous ne pouvons pas tolérer qu’ils tentent de normaliser – un système dans lequel les Iraniens décident qui a le droit d’utiliser une voie navigable internationale, et combien vous devez leur payer pour l’utiliser», a ajouté le chef de la diplomatie américaine.
L’Iran a soumis aux États-Unis une nouvelle proposition pour rouvrir le détroit d’Ormuz, selon Axios
L’Iran a transmis aux États-Unis une nouvelle proposition visant à rouvrir le détroit d’Ormuz et à mettre fin à la guerre, en reportant les négociations sur le nucléaire à une phase ultérieure, a rapporté lundi le média Axios, citant un responsable américain et deux sources informées.
Selon ces informations, cette initiative, soumise à Washington par les médiateurs pakistanais, prévoirait une prolongation du cessez-le-feu ou un accord sur une fin durable des hostilités, les discussions sur le programme nucléaire n’intervenant que dans un second temps. Dans ce contexte, le président Donald Trump devrait réunir lundi son équipe de sécurité nationale pour discuter de « l’impasse dans les négociations » et des « prochaines étapes possibles », toujours selon le média américain.
Une porte-parole de la Maison Blanche, citée par Axios, a, par ailleurs, déclaré que les États-Unis « ne négocieront pas par le biais de la presse » et ne concluront qu’un accord qui ne permettra « jamais à l’Iran de se doter de l’arme nucléaire ».
Le chef de l’armée israélienne dit que 2026 «pourrait encore être une année de combats» sur tous les fronts
Le chef d’état-major de l’armée israélienne, Eyal Zamir, a affirmé lundi que 2026 «pourrait encore être une année de combats» sur tous les fronts, selon un communiqué militaire. «Depuis le 7 octobre (2023, NDLR), l’armée est engagée dans une campagne continue sur plusieurs fronts. Nous demeurons prêts et en alerte face à la possibilité d’une reprise de combats intenses sur l’ensemble de ces fronts – l’année 2026 pourrait encore être une année de combats sur chacun d’entre eux», a déclaré le lieutenant-général Eyal Zamir lors d’une rencontre avec des officiers.
Netanyahu dit que les roquettes et drones du Hezbollah imposent la poursuite de l’action militaire
Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, a affirmé lundi que la double menace des roquettes et drones du Hezbollah pro-iranien imposait la poursuite de l’action militaire au Liban, selon un communiqué de son bureau. «Il reste encore deux menaces principales venant du Hezbollah: les roquettes de type 122 et les drones. Cela exige une combinaison d’actions opérationnelles et technologiques», a déclaré Benyamin Netanyahu.
L’Iran doit faire des «concessions majeures» pour mettre fin à la guerre, estime le chef de la diplomatie française
Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a estimé lundi que l’Iran devait faire des «concessions majeures» dans les pourparlers de paix en vue de mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient. «ll n’y aura pas de solution durable à cette crise sans que le régime iranien ne consente à des concessions majeures et un changement radical de posture», a-t-il déclaré lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU.
Les Émirats arabes unis critiquent la «faiblesse» de leurs voisins du Golfe face à l’Iran
Lors d’une conférence à Dubaï lundi, le conseiller présidentiel émirati Anwar Gargash a critiqué la réaction de ses partenaires du Conseil de coopération du Golfe, qui regroupe notamment l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman. « Il y a eu un soutien mutuel au niveau logistique », a-t-il reconnu, mais il dit ne pas s’attendre « à une position politique et militaire aussi faible ». Les Émirats arabes unis ont été la principale cible des frappes iraniennes parmi les pays du Golfe. Ils sont également un allié clé d’Israël dans la région. Anwar Gargash multiplie les prises de parole, appelant à une position plus ferme face à l’Iran et assumant un rapprochement accru avec Israël.
Bahreïn déchoit de leur nationalité des dizaines de personnes pour soutien à l’Iran
Le ministère de l’Intérieur de Bahreïn a annoncé déchoir de leur nationalité 69 personnes, accusées d’avoir soutenu l’Iran malgré les attaques iraniennes répétées contre des infrastructures des pays du Golfe depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Dans un communiqué, le ministère a publié la liste des individus concernés – précisant que la mesure concernait également des personnes à leur charge – leur imputant d’avoir «soutenu des actes iraniens hostiles, parfois en connivence avec des entités étrangères».
L’Institut bahreïni pour les droits et la démocratie (BIRD), une ONG basée au Royaume-Uni, a décrit cette mesure comme «la première vague massive de déchéances de nationalité depuis 2019». Elle a indiqué ne pas pouvoir spécifier si ces individus avaient été arrêtés, s’ils étaient encore à Bahreïn ou s’ils disposaient également d’autres nationalités. L’ONG Human Rights Watch avait alerté en mars sur l’arrestation depuis le début de la guerre de «dizaines de personnes», accusées de trahison ou d’avoir pris part à des manifestations.
Ormuz: Macron promet d’échanger avec l’Iran pour «traiter le problème à sa racine» et rouvrir le détroit
Le président français Emmanuel Macron a promis lundi d’échanger avec les autorités iraniennes pour «traiter le problème» de la hausse des prix du carburant «à sa racine» et tenter d’obtenir la réouverture du détroit d’Ormuz. «La cause du problème, c’est qu’aujourd’hui il y a ce blocus et le détroit d’Ormuz qui est fermé. Donc il faut traiter le problème à la racine, permettre aux choses de repartir», a lancé le chef d’Etat lors d’une visite en Andorre.
Il a indiqué qu’il allait échanger «avec les autorités iraniennes» dès la fin de cette visite, espérant «convaincre» les parties prenantes «dans les prochains jours». «C’est important de pouvoir rouvrir de part et d’autre le trafic pour permettre au gaz, au pétrole, aux engrais, aux marchandises de pouvoir passer ce détroit parce que ça impacte l’économie mondiale», a-t-il ajouté.
Sur l’impact de la guerre au Moyen-Orient sur le prix du carburant en France, il a estimé que le gouvernement faisait «le maximum», assurant que l’Etat était «aux côtés» des Français touchés par des prix qui «pèsent».
La question de la réouverture à la navigation du détroit d’Ormuz -particulièrement stratégique pour les exportations d’hydrocarbures des pays du Golfe vers le reste du monde- est au centre des tensions entre Washington et Téhéran, alors qu’un fragile cessez-le-feu tient encore et que le détroit est quasiment paralysé.
Le ministre israélien de la Défense dit que le chef du Hezbollah «joue avec le feu», ce qui va «brûler le Liban»
Le ministre israélien de la Défense Israël Katz a affirmé lundi que le Hezbollah allait conduire le Liban à la catastrophe, après l’opposition du chef de ce mouvement pro-iranien aux négociations directes entre le Liban et Israël.
«Naïm Qassem joue avec le feu, et ce feu brûlera le Hezbollah et tout le Liban (…) Si le gouvernement libanais continue de se réfugier sous l’aile de l’organisation terroriste Hezbollah, un feu éclatera et brûlera les cèdres du Liban», a déclaré Israël Katz à l’envoyée de l’ONU au Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert, selon un communiqué publié par son bureau.
L’agence maritime de l’ONU fermement opposée à un droit de passage à Ormuz
Le chef de l’agence maritime de l’ONU a réaffirmé lundi qu’il n’existait «aucune base légale» pour un droit de passage dans le détroit d’Ormuz, que l’Iran dit vouloir instaurer. «Il n’existe aucun fondement juridique pour l’introduction d’aucune taxe, d’aucun droit de douane ou d’aucun frais sur les détroits utilisés pour la navigation internationale», a déclaré le secrétaire général de l’Organisation maritime internationale (OMI), Arsenio Dominguez, lors d’une conférence de presse. Arsenio Dominguez, qui s’exprimait en marge du Comité sur la protection du secteur maritime de l’OMI, où ont lieu des discussions sur une mesure de décarbonation du secteur maritime, affirme être en contact avec «tous les pays de la région», dont l’Iran. Il a confirmé qu’un plan d’évacuation (sur lequel l’OMI s’est engagé à travailler) des 20 000 marins bloqués, répartis sur quelque 1 600 navires dans le Golfe, ne pourrait avoir lieu qu’une fois le passage complètement sécurisé et en aucun cas via le paiement d’un droit de passage.
La République islamique d’Iran est «stable, robuste», affirme son chef de la diplomatie à Poutine
En Russie, le chef de la diplomatie iranienne accuse Washington d’avoir fait échouer les pourparlers
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a accusé lundi Washington d’avoir fait échouer leurs pourparlers de paix, dès son arrivée en Russie, nouvelle étape de sa tournée diplomatique.
Les tentatives de relance des discussions sur le cessez-le-feu et la réouverture à la navigation du détroit d’Ormuz – ébauchées début avril à Islamabad – ont jusqu’ici échoué face à la fermeté affichée par Washington et Téhéran.
«Les approches américaines ont fait que le précédent cycle de négociations, malgré des progrès, n’a pas atteint ses objectifs en raison d’exigences excessives», a dénoncé Abbas Araghchi, à son arrivée à Saint-Pétersbourg.

