Blasphème, réseaux sociaux et colère des fidèles : l’affaire Masseck Sarr–Ismaila Diallo prend une tournure explosive

À Saint-Louis, une affaire sensible mêlant religion, réseaux sociaux et justice est en train de prendre une ampleur inattendue. Selon les révélations du quotidien Libération, le dossier impliquant Masseck Sarr et Ismaila Diallo s’enfonce dans une spirale judiciaire complexe, sur fond d’accusations graves et de tensions religieuses latentes.
 
Une procédure judiciaire aux ramifications multiples
 
Tout est parti d’un réquisitoire introductif du parquet de Saint-Louis visant non seulement les deux hommes, mais également X, ouvrant ainsi la voie à une information judiciaire plus large. Déjà incarcéré, Masseck Sarr a été rejoint dans la tourmente par Ismaila Diallo (58 ans), agent des Impôts et Domaines, interpellé puis placé en garde à vue vendredi par la Brigade de recherches.
 
Les chefs d’accusation sont lourds : association de malfaiteurs, diffusion de fausses nouvelles, injures via support informatique, outrage à des ministères de culte, diffamation envers la mémoire des morts. Une liste qui traduit, selon Libération, la gravité des faits reprochés.
 
Des propos jugés offensants envers des figures religieuses majeures
 
Au cœur de l’affaire, des propos jugés blasphématoires tenus sur les réseaux sociaux, notamment lors de lives et publications. Les plaignants – issus de différentes confréries et groupes de descendants de marabouts – accusent les mis en cause d’avoir porté atteinte à l’honneur de figures emblématiques de l’islam sénégalais, notamment Cheikh Ahmadou Bamba et Cheikh Ibrahima Niasse, plus connu sous le nom de Baye Niasse.
 
Selon les mêmes sources, Masseck Sarr aurait également tenu des propos visant les fondateurs des confréries mouride et layenne.
 
Ligne de défense : “montages vidéos” et dénégations
 
Face aux accusations, les deux hommes ont adopté une stratégie similaire. Lors de leurs auditions respectives, ils ont nié les faits, évoquant des vidéos manipulées ou sorties de leur contexte. Ismaila Diallo a ainsi affirmé qu’il n’était pas l’auteur des propos incriminés, tandis que Masseck Sarr a soutenu que ses déclarations avaient été tronquées pour en altérer le sens.
 
Une nouvelle plainte qui relance tout
 
Alors que les deux prévenus devaient comparaître prochainement – le 11 mai 2026 pour Ismaila Diallo et le 8 juin 2026 pour Masseck Sarr – un nouveau rebondissement est venu compliquer la situation.
 
Le 12 avril 2026, une nouvelle plainte a été déposée par un groupe de petits-fils de marabouts, accompagnée d’une vidéo supplémentaire jugée offensante envers le fondateur du mouridisme. Dans cette plainte, Serigne Fallou Mourtada Mbacké alerte sur la persistance des propos incriminés sur TikTok et met en garde contre une montée de la colère chez les fidèles, évoquant même des risques de représailles.
 
Des aveux partiels et une arrestation tardive
 
Entendu par les enquêteurs, Masseck Sarr a reconnu une partie des faits, tout en niant les injures visant spécifiquement le fondateur du mouridisme. Il a également sollicité la clémence, tout en confirmant la participation active d’Ismaila Diallo dans les débats en ligne.
 
Ce dernier, qui avait ignoré une précédente convocation, a finalement été interpellé vendredi. Une arrestation qui pourrait marquer un tournant décisif dans l’enquête.

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