Ticketing électronique au Sénégal

Transpay part en guerre contre la contrefaçon – Mouhamadou Moustapha Ndiaye, gérant de la start-up Transpay et titulaire de deux brevets de l’Oapi, dénonce l’usage frauduleux de technologies de billetterie électronique dans le transport urbain. Entre mises en demeure et menaces de poursuites judiciaires, l’inventeur tape du poing sur la table pour protéger ses innovations contre les réseaux de contrefacteurs.

Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY – Le secteur du transport urbain sénégalais est secoué par un conflit de propriété intellectuelle majeur. Mouha­madou Moustapha Ndiaye, dirigeant de la start-up Trans­pay, affirme être la cible d’une exploitation illégale de ses inventions. Détenteur exclusif de droits de propriété intellectuelle sur les systèmes de ticketing électronique, il vient de lancer un avertissement sévère aux acteurs du secteur. La solution développée par Transpay repose sur deux piliers juridiques solides délivrés par l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi) : Le brevet n°17225 (2014) portant sur les fondements du système informatisé et le brevet n°20874 (2022) relatif à la gestion et au contrôle des recettes en temps réel.
Cette technologie, conçue pour moderniser la collecte des fonds dans les bus (Tata, Polo, Kinglong, etc.), permet une gestion à distance, avec ou sans connexion internet, garantissant ainsi une transparence totale pour les transporteurs.

L’alerte : des machines frauduleuses sur le marché

Malgré cette protection juridique, le promoteur de Transpay a constaté l’introduction massive d’équipements contrefaits sur le marché national. Ces machines «pirates» reproduiraient illégalement le système breveté, causant un préjudice financier considérable à la start-up sénégalaise. «Toute personne physique ou morale impliquée dans l’importation, la commercialisation ou l’utilisation de ces équipements contrefaits s’expose à des poursuites», prévient Mou­hamadou Moustapha Ndiaye dans sa mise en demeure.

Le document rappelle que la loi est particulièrement stricte en la matière. Selon l’Accord de Bangui, la contrefaçon de brevet expose les contrevenants à des peines d’emprisonnement allant de 1 à 3 ans, des amendes oscillant entre 5 et 30 millions F Cfa, et le versement de dommages et intérêts au titre des réparations civiles. Le gérant de Transpay cible particulièrement les transporteurs affiliés à certaines organisations du secteur, les exhortant à vérifier la provenance de leur matériel de ticketing. Tout en engageant les procédures judiciaires nécessaires, il a tenu à rassurer ses partenaires utilisant les solutions originales, les invitant à ne pas céder aux tentatives de désinformation orchestrées, selon lui, par des réseaux de fraudeurs.

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