Journée – Santé rénale au Sénégal : Un défi de santé publique aux chiffres alarmants
A l’occasion de la Journée mondiale du rein 2026, le ministère de la Santé tire la sonnette d’alarme. Avec plus de 774 000 personnes touchées à travers le pays, la maladie rénale chronique n’est plus une menace silencieuse, mais une urgence nationale. Une pathologie de plus en plus présente !
Par Justin GOMIS – Le constat est sans appel : la prévalence de la maladie rénale au Sénégal est désormais estimée à 4, 3% de la population. Selon les données de l’enquête Steps 2024, environ 774 000 Sénégalais vivent avec une atteinte rénale. Le plus inquiétant reste la progression fulgurante des cas graves. Chaque année, entre 2000 et 4000 nouveaux patients atteignent les stades 4 et 5 de la maladie, soit des niveaux de défaillance avancés où la survie dépend exclusivement d’un traitement de suppléance. Sans dialyse ou transplantation, l’issue est malheureusement fatale dans 100% des cas.
Le «tueur silencieux»
La difficulté majeure réside dans le caractère «silencieux» de la maladie : elle ne provoque aucun symptôme aux stades précoces. Au Sénégal, la grande majorité des malades ignorent leur état de santé. Les autorités rappellent que deux facteurs sont responsables à eux seuls de 50% des cas d’insuffisance rénale chronique : l’hypertension artérielle et le diabète. Face à cette crise, l’Etat a multiplié les investissements. Le réseau de prise en charge s’est considérablement étendu, passant de seulement 2 centres publics en 2010 à 26 centres en 2025. Au total, le pays compte aujourd’hui 40 centres (publics et privés confondus) et 446 générateurs de dialyse.
L’effort financier est également notable. La gratuité totale de la dialyse dans le secteur public, instaurée en 2013, est maintenue. Le budget alloué à l’achat des kits de dialyse a presque doublé, passant de 2, 7 à 5, 2 milliards de F Cfa. Le ministère mise sur la prévention et le dépistage précoce, réalisable par de simples examens de sang et d’urine, pour inverser la tendance. Il exhorte les populations à adopter des comportements sains avec 8 règles d’or : pratiquer une activité physique régulière, contrôler sa glycémie et son cholestérol, réduire le sucre et le sel, manger équilibré, surveiller son poids, ne pas fumer, éviter l’automédication et l’usage incontrôlé de plantes médicinales, et faire contrôler régulièrement sa fonction rénale. «Vos reins travaillent en silence pour vous maintenir en vie. Protégez-les avant qu’il ne soit trop tard», conclut l’appel du ministère.

