Démission de vice-présidents et proposition de révision constitutionnelle : Remue-ménage à l’Assemblée.
Le Bureau de l’Assemblée nationale a pris acte, ce vendredi 12 juin 2026, de la démission surprise de deux de ses vice-présidents, Ismaïla Diallo et Cheikh Thioro Mbacké. Si le communiqué officiel évoque une simple réorganisation interne, les coulisses politiques bruissent d’un vaste réajustement stratégique. En ligne de mire : le retour de Ousmane Sonko au cœur du jeu parlementaire à la tête de l’Assemblée et le départ de El Malick Ndiaye, dessinant les contours d’une profonde recomposition de la majorité.
Par Justin GOMIS – C’est un vendredi de haute voltige politique qui vient de se jouer à la Place Soweto. Derrière la sobriété administrative du communiqué du Bureau de l’Assemblée nationale, se cache en réalité le premier acte d’un grand chambardement politique au sommet de l’Etat, avec des démissions stratégiques au Bureau.
L’annonce a pris de court les observateurs : Ismaïla Diallo et Cheikh Thioro Mbacké, respectivement premier et troisième vice-présidents de l’institution, ont rendu le tablier. Si le Bureau a salué «leur disponibilité et leur engagement», ce double retrait libère des postes hautement stratégiques. Selon plusieurs sources proches de la majorité, ces chaises musicales sont loin d’être anodines. Elles prépareraient le terrain pour l’installation de nouvelles figures de proue, après le retour en force de Ousmane Sonko dans le dispositif législatif, parallèlement à la démission de El Malick Ndiaye de ses fonctions pour lui laisser le siège de l’appareil d’Etat. L’ex-patron du Parlement, devenu simple député, pourrait se retrouver comme vice-président, justifiant ce remue-ménage au cœur de l’institution.
Cap sur la révision de la Constitution
Outre ce séisme politique interne, le Bureau a également enclenché la vitesse supérieure sur le plan législatif. Une proposition de loi portant révision de la Constitution a été examinée et déclarée recevable. Ce qu’il faut retenir du communiqué : «Cette proposition, portée par un groupe de députés, intègre toutes les observations issues de la décision du Conseil constitutionnel n°4/C/26 du 25 mai 2026.» Conformément à l’article 69 du Règlement intérieur, le texte a été transmis immédiatement au président de la République pour avis. Ce projet de révision, désormais expurgé des réserves des sept «Sages», devrait redéfinir les équilibres institutionnels dans les semaines à venir.
Un calendrier à marche forcée
Dans la foulée, la Conférence des présidents s’est réunie pour acter le calendrier des affaires en instance. Entre le remplacement des vice-présidents démissionnaires, l’examen de la nouvelle mouture de la Constitution et les repositionnements des leaders du parti au pouvoir, l’Assemblée nationale s’apprête à vivre des sessions parlementaires cruciales pour l’avenir politique du pays. Le marathon ne fait que commencer.
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