Vente de pétrole à Cuba: Mexique, Venezuela… Ces pays menacés de nouveaux droits de douanes par Donald Trump

Le président américain Donald Trump veut exercer une pression maximale sur Cuba. Il a signé jeudi 29 janvier un décret indiquant que les États-Unis « pourraient » frapper de droits de douane d’un montant non précisé, les pays vendant du pétrole à l’île communiste. Pourquoi et quels sont ces pays? État des lieux.

Par TV5MONDE avec AFP – Après avoir privé Cuba de pétrole vénézuélien, le président américain menace désormais de nouveaux droits de douane les pays qui lui vendent de l’or noir. Les autorités cubaines dénoncent « un acte brutal d’agression ». « Nous dénonçons devant le monde cet acte brutal d’agression contre Cuba et son peuple, soumis depuis plus de 65 ans au blocus économique le plus long et le plus cruel jamais appliqué à une nation entière, et que l’on promet désormais de soumettre à des conditions de vie extrêmes », a dénoncé sur X le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez.

Bruno Rodriguez a dénoncé « une nouvelle escalade des États-Unis contre Cuba » et « une longue liste de mensonges visant à présenter Cuba comme une menace qu’elle n’est pas ».

Que reproche Washington aux autorités cubaines?

Le décret signé par Donald Trump indique que les États-Unis « pourraient » frapper de droits de douane les pays vendant du pétrole à La Havane. Il ne précise pas non plus les pays visés, laissant ces décisions à la discrétion du secrétaire au Commerce. Selon le texte du décret, cette décision s’appuie sur la déclaration d’un « état d’urgence » en lien avec la « menace exceptionnelle » que fait peser Cuba sur la sécurité nationale américaine.

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Washington reproche notamment aux autorités cubaines de « s’aligner et de soutenir nombre de pays, organisations terroristes internationales et acteurs hostiles aux États-Unis » dont la Russie, la Chine, l’Iran, le Hamas ou le Hezbollah. Cuba est aussi accusée de « déstabiliser la région via l’immigration et la violence », tout en « propageant ses idées, programmes et pratiques communistes »

« La seule menace pour la paix, la sécurité et la stabilité de la région, et la seule influence maligne, est celle que le gouvernement des États-Unis exerce contre les nations et les peuples de Notre Amérique », a rétorqué Bruno Rodriguez dénonçant le « chantage » et « la coercition » exercés par Washington.

Ce décret accentue la pression sur le régime cubain, qui peine à couvrir la moitié de ses besoins en électricité. Un peu plus tôt en janvier, le président américain avait déjà menacé le gouvernement cubain.

« IL N’Y AURA PLUS DE PÉTROLE OU D’ARGENT A DESTINATION DE CUBA – ZÉRO! »

Donald Trump, président américain sur son réseau social Truth Social

Donald Trump avait tenu ces propos une semaine après la capture par les forces américaines du président vénézuélien Nicolas Maduro. « Je suggère fortement qu’ils acceptent un accord, AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD », avait-il ajouté. Mais les États-Unis n’ont pas dévoilé la nature de l’accord en question. Le président de Cuba, Miguel Diaz-Canel, avait alors affirmé qu’il n’existait « aucune discussion » en cours entre son pays et les États-Unis.

Le Venezuela et le Mexique, cibles de Donald Trump

Pendant des décennies, le Venezuela a été le principal fournisseur de pétrole de Cuba, dans le cadre d’accords politiques et économiques, notamment via le San José Accord. Cuba recevait des grandes quantités de brut à des conditions très favorables. Mais depuis 2025, les livraisons vénézuéliennes ont fortement chuté pour plusieurs raisons: crise interne, sanctions, contraintes logistiques… et elles ont presque cessé après l’intervention américaine qui a conduit à la capture du président Nicolas Maduro. Après cet évènement qui a fait le tour du monde, Donald Trump a placé sous contrôle américain le secteur pétrolier du Venezuela.

Avec la baisse du pétrole vénézuélien, le Mexique est devenu le principal fournisseur de pétrole pour Cuba en 2025. Entre janvier et septembre 2025, la compagnie pétrolière mexicaine Pemex a exporté vers l’île 17.200 barils de pétrole brut par jour et 2.000 barils de dérivés, pour un total de 400 millions de dollars, selon les données officielles.

La présidente Claudia Sheinbaum a affirmé mardi que « le Mexique continuera(it) d’être solidaire » de Cuba, démentant ainsi des articles de presse assurant que son gouvernement avait décidé de suspendre les envois de pétrole vers l’île communiste. « La décision du Mexique de vendre ou de donner, pour des raisons humanitaires, du pétrole à Cuba relève également d’une décision souveraine qui remonte à de nombreuses années », a rappelé la présidente de gauche.

Historiquement, la Russie a aussi exporté du pétrole vers Cuba, notamment après la fin de l’URSS, mais ces livraisons ont été sporadiques et moins régulières ces dernières années. Il y a eu des livraisons vers Cuba, mais elles restent modestes, comparés aux flux mexicains et vénézuéliens.

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