Libye: le camp Haftar envoie des troupes à la frontière avec le Soudan, alors que l’Égypte demande la fin du soutien aux FSR
Le général libyen Saddam Haftar, vice-président du commandement général de l’Armée nationale libyenne (ANL) qui contrôle l’est et le sud libyen, a ordonné à ses forces de se déplacer vers le triangle frontalier liant le sud du pays au Soudan et à l’Égypte. Ce déplacement intervient alors que Riyad et le Caire continuent à exiger que le camp de Khalifa Haftar cesse son aide logistique aux paramilitaires soudanais des FSR, accusés de massacres et violences… sans succès jusqu’ici.
Par :RFI
Selon un communiqué de l’ANL, des unités du cinquième régiment d’infanterie basé à al-Koufra se dirigeraient vers la frontière « pour effectuer leur mission », sans plus d’informations. Des images partagées sur les sources ouvertes montrent des dizaines de véhicules militaires venant d’al-Koufra.
L’alliance stratégique entre le camp libyen de Khalifa Haftar et Abou Dhabi continue. Les Émirats, à travers leur allié libyen, poursuivent leur acheminement d’armes, de munitions et de carburant aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) au Darfour soudanais.
Pourtant, une intense campagne est menée depuis le début de l’année conjointement par Riyad et le Caire pour couper cette voie d’approvisionnement vitale pour les FSR, à travers la Libye.
L’aviation égyptienne est même entrée officieusement en scène, en visant un grand convoi venant de Libye ce mois-ci. Plusieurs dizaines de véhicules chargés de carburant, d’armes et de matériel militaire ont alors été pulvérisés. C’était un autre message adressé au camp Haftar de la part du Caire, qui voit sa propre sécurité nationale menacée.
Le camp Haftar subit actuellement une pression sans précédent à propos de ses livraisons d’armes aux FSR : si son allié émirien veut le pousser à continuer ces livraisons, ses autres alliés historiques cherchent à lui faire cesser. L’Égypte, qui a mis Saddam Haftar en garde lors de sa visite au Caire début janvier, menace maintenant d’un changement radical dans leur rapport : l’Égypte aurait proposé des aides militaires et financières au camp Haftar contre un éloignement d’Abou Dhabi.

