Forum régional des jeunes leaders sahéliens: à Dakar, la jeunesse sahélienne prend la plume pour réinventer l’école

Dakar a accueilli, du mardi 20 au mercredi 21 janvier 2026, le Forum régional des jeunes leaders sahéliens pour la promotion de l’éducation inclusive. Pendant deux jours, des jeunes venus de quarante pays du Sahel et d’ailleurs, ont échangé avec des acteurs de la société civile et des représentants institutionnels. Ensemble, ils ont réfléchi et co-construit des pistes durables pour répondre aux insuffisances persistantes des systèmes éducatifs.

La rencontre s’est déroulée dans un environnement régional particulièrement éprouvé. Le Sahel reste confronté à des crises sécuritaires, climatiques, alimentaires, démocratiques qui fragilisent l’école et accentuent la précarité. Selon Oxfam, près de 40 % de la population sahélienne vivent dans l’extrême pauvreté. Cette réalité pèse sur les priorités publiques et relèguent souvent les investissements dans les services sociaux de base, en particulier, l’éducation.

Dans ce contexte, les jeunes estiment majoritairement que l’éducation reçue dans la région n’est ni inclusive ni suffisamment adaptée aux besoins concrets notamment ceux liés à l’employabilité. Le forum a donc voulu créer un cadre d’échanges et de réflexion et de co-création entre les jeunes leaders sahéliens, les organisations de la société civile et les institutions publiques. Il s’agissait, selon les organisateurs, de concevoir collectivement une vision partagée de l’éducation inclusive et de poser les fondements d’une campagne de plaidoyer portée par la jeunesse elle-même.

Les travaux ont mis l’accent sur la nécessité de s’inscrire en complément des politiques publiques existantes, afin d’éviter les duplications des systèmes éducatifs.

Pour Marième Diop, directrice des programmes et cheffe du bureau d’Oxfam Sénégal, les jeunes sahéliens disposent d’une légitimité pleine et entière pour formuler des propositions. Représentant près de 60 % de la population régionale, ils constituent, selon elle, une force collective et une intelligence capable d’influencer l’orientation des politiques éducatives.

Zara Abdou Issa, coordonnatrice de la Ligue sahélienne de lutte contre les inégalités, a rappelé que cette confédération de jeunes issus du Tchad, du Mali, du Burkina Faso, du Sénégal et du Niger est née du constat d’une éducation peu inclusive et éloignées des réalités des vécues. Ce forum constitue la première grande activité en présentiel de la Ligue et marque le lancement d’un plaidoyer régional en faveur d’une éducation plus équitable.

Du côté des autorités sénégalaises, Madina Haly Tall, directrice de l’Unité de coordination des projets et programmes au ministère de l’Éducation nationale, a présenté les initiatives engagées par l’État. Elle a évoqué l’adoption d’une politique nationale d’éducation inclusive, déclinée à travers des projets phares tels que Faire l’école et Faire l’école Plus, axés sur le renforcement des compétences des enseignants et la réhabilitation d’infrastructures scolaires plus inclusives, en cohérence avec la Vision Sénégal 2050.

Au fil des échanges, plusieurs enjeux ont émergé autour de l’accès équitable à l’éducation, de la qualité des enseignements, de la formation des enseignants, de l’adaptation des infrastructures scolaires et de l’articulation lien entre éducation et emploi

Les participants ont affirmé leur volonté de penser l’avenir sur le long terme. L’objectif est de bâtir, avec et pour les générations à venir, une vision de l’éducation inclusive à l’horizon 2065, ancrée dans les réalités sahéliennes et porteuse d’équité et de justice sociale.

LAMINE DIEDHIOU

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