CAN 2025: une finale Maroc-Sénégal et un tournoi marqués par les polémiques sur l’arbitrage

But refusé, puis pénalty accordé et contesté par les Sénégalais… Les décisions de l’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala Ngambo ont été au cœur de cette finale chaotique entre les Lions de la Teranga et les Lions de l’Atlas. Depuis le début du tournoi, une petite musique se faisant entendre, celle d’un arbitrage destiné à favoriser le Maroc ou les grandes nations du continent. 

Par Pierre Desorgues – SOURCE TV5.ORG – Échauffourée entre Achraf Hakimi et des joueurs sénégalais après la décision de l’arbitre de siffler un pénalty contre le Sénégal lors de cette finale de la CAN à Rabat le 18 janvier. (AP Photo/Youssef Loulidi)

Cette finale de la 35ème édition de la CAN restera gravée dans les mémoires. La rencontre a définitivement basculé lorsque les joueurs du Sénégal ont voulu quitter le terrain pour protester contre un pénalty accordé dans les dernières secondes du temps réglementaire à leurs adversaires.

Le joueur du Real Madrid, Brahim Diaz, a été l’acteur déclencheur du psychodrame qui a perturbé la finale de la CAN 2025. Héros du Maroc pour avoir marqué à chaque match jusqu’au quart de finale inclus, le milieu offensif marocain avait bruyamment demandé un penalty pour un léger accrochage avec El Hadj Malick Diouf dans les dernières secondes du temps réglementaire.

« S’il n’avait pas sifflé, ça ne m’aurait pas gêné »

Le défenseur sénégalais lui a mis la main sur le cou, mais le Madrilène a nettement accentué sa chute. Ensuite, il a contesté auprès du juge de ligne et de l’arbitre central, réclamant la consultation de la VAR. Le milieu offensif marocain a tenté une panenka très audacieuse mais totalement manquée et facilement captée par le gardien sénégalais Édouard Mendy, dans cette séquence hors normes.

Le premier point de crispation est intervenu une minute avant la faute d’El Hadj Malick Diouf. Sur un corner, Abdoulaye Seck reprend un ballon au second poteau qui frappe le montant. Il est repris par Ismaïla Sarr qui pense avoir marqué le but de la victoire. Jean-Jacques Ndala, avant que le ballon ait franchi la ligne du but marocain siffle. Le but est annulé. 

Selon l’arbitre congolais, le défenseur central, Abdoulaye Seck, a commis une faute sur Achraf Hakimi en voulant se dégager du marquage du latéral marocain. Selon l’arbitre français, Bruno Derien, interrogé par France Info, « l’arbitre siffle trop vite parce que le contact est léger. il aurait dû laisser l’action, aller au bout, comme le disent les consignes avec le VAR, pour ensuite éventuellement la revisionner. Il a trop anticipé « . Selon Bruno Derien, la faute du défenseur sénégalais est loin d’être évidente. « C’est Achraf Hakimi qui lève les bras vers le joueur sénégalais en premier. S’il n’avait pas sifflé, ça ne m’aurait pas gêné », juge l’arbitre français.

Selon Gernot Rohr, sélectionneur du Bénin, interrogé lors de la soirée spéciale de TV5MONDE sur la finale de la CAN, « le but aurait pu être accordé, tout comme le pénalty a été accordé aux Marocains. »

« Les petits pays ne sont toujours pas traités comme les grands »

Cette CAN a été marquée par des polémiques autour de l’arbitrage. Lors de la compétition, Gernot Rohr, sélectionneur du Bénin, avait qualifiée la situation actuelle de « catastrophique » sur France 24 en revenant notamment sur le but encaissé face au Sénégal, précédé d’une faute sur un défenseur béninois non prise en compte malgré la VAR. « Ça a duré cinq minutes pour qu’on accorde un but où il y a un coup de coude. » Et d’ajouter: « Les petits pays ne sont toujours pas traités comme les grands ». » Le sélectionneur avait évoqué également un penalty « généreux » accordé à l’Égypte contre l’Afrique du Sud. 

La victoire du Maroc contre la Tanzanie (1-0) en huitième de finale avait été également entaché par une polémique autour de l’arbitrage. La Tanzanie aurait dû bénéficier d’un penalty en fin de match suite à un contact d’Adam Masina sur Iddy Nado. Boubou Traoré, arbitre de la rencontre, n’est pas allé se servir de la VAR pour valider sa décision de ne pas donner de pénalty. Une décision qui fait donc énormément parler, et qui a provoqué la colère des Tanzaniens.

« J’ai demandé à l’arbitre pourquoi il n’a pas demandé à aller au VAR. Je pense que tout le monde l’a vu. Je ne juge pas l’arbitre, je n’étais pas satisfait ni d’accord, avec beaucoup de ses décisions, mais il administre la justice dans le match », a par exemple lancé Miguel Angel Gamondi, le sélectionneur espagnol de la Tanzanie.

Autre match, autre polémique dans cette qualification, un pénalty présumé non sifflé pour le Cameroun face au Maroc en quart de finale. Selon les joueur camerounais, le défenseur marocain avait bien touché le pied d’appui de l’avant-centre de Manchester United, Bryan Mbeumo alors que le score était loin d’acquis (1-0). « Le pénalty est flagrant pour moi. J’ai senti qu’il m’avait touché », avait confié sur Bein Sport l’attaquant camerounais.

Les fennecs d’Algérie, largement dominés par les Supers Eagles du Nigeria, lors des quarts de finales ont également nourri les polémiques sur l’arbitrage. L’arbitre aurait influencé l’issue du match, en ne sifflant pas une main d’un joueur nigérian, qui aurait selon eux, du donner lieu à un pénalty en faveur de l’Algérie.

La Confédération africaine de football récuse toute forme « d’arbitrage maison » et rejette l’idée que les petites nations seraient victimes d’erreurs d’arbitrage. « Nous investissons beaucoup d’argent dans les arbitres. Actuellement, environ 20 arbitres sont professionnels à temps plein. Nous investissons énormément et nous mettons également en lumière de jeunes arbitres », précisait le directeur de la communication de la CAF Luxolo September, à la veille de la finale

Une chose est sûre.  La précédente édition de la CAN en Côte d’Ivoire avait été épargnée par des débats sur l’arbitrage. Malgré une organisation logistique presque sans failles, cela n’aura pas été le cas pour cette 35ème Coupe d’Afrique des nations.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *