Téhéran convoque des diplomates français, allemand, britannique et italien
Les manifestations contre le régime se poursuivent en Iran alors que le pays est toujours mis sous cloche par les autorités qui ont décidé d’une coupure quasi totale d’internet pour entraver la diffusion des images et l’organisation de rassemblements. Ce lundi 12 janvier, des milliers d’Iraniens ont envahi une grande place du centre de Téhéran pour marquer leur soutien à la République islamique
Par :Rédaction Internet
Ce qu’il faut retenir
► Les autorités iraniennes ont coupé l’accès à internet et aux réseaux téléphoniques depuis vendredi dans tout le pays pour limiter la diffusion d’images et d’informations sur les manifestations.
► Donald Trump a déclaré dimanche que les dirigeants iraniens avaient appelé pour « négocier » après ses menaces d’opération militaire, alors que la République islamique est aux prises avec des manifestations massives contre le gouvernement.
► Selon l’ONG Hrana basée aux États-Unis, le bilan s’élèverait à quelque 580 victimes, dont plus d’une cinquantaine parmi les forces de l’ordre. La même ONG fait état de 10 000 arrestations par les forces de sécurité.
► Le gouvernement iranien décrète trois jours de deuil national pour honorer la mémoire des « martyrs » de la « résistance » et appelle à des manifestations de soutien à la République islamique ce lundi 12 janvier.
► Des ambassadeurs ou chargés d’affaires d’Allemagne, de France, d’Italie, de Grande-Bretagne, en poste à Téhéran, ont été convoqués lundi par les autorités iraniennes qui déplorent le soutien exprimé par ces pays aux manifestants iraniens, selon un communiqué du ministère iranien des Affaires étrangères repris par la télévision d’État.
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15h26 : Les diplomates allemand, britannique, italien et français convoqués par Téhéran, annonce le ministère iranien des Affaires étrangères
Des ambassadeurs ou chargés d’affaires d’Allemagne, de France, d’Italie, de Grande-Bretagne, en poste à Téhéran, ont été convoqués lundi par les autorités iraniennes qui déplorent le soutien exprimé par ces pays aux manifestants iraniens, selon un communiqué du ministère iranien des Affaires étrangères repris par la télévision d’État.
« Nous confirmons la convocation d’ambassadeurs européens », a indiqué à l’AFP le ministère français des Affaires étrangères.
15h12 : Le Parlement européen interdit l’entrée de diplomates ou responsables iraniens dans ses locaux
Les diplomates ou responsables officiels iraniens sont désormais interdits d’accès au Parlement européen, a annoncé lundi sa présidente Roberta Metsola. « Alors que le peuple courageux d’Iran continue de se battre pour ses droits et sa liberté, j’ai décidé aujourd’hui lundi d’interdire à tout le personnel diplomatique et à tout autre représentant de la République islamique d’Iran l’accès à l’ensemble des locaux du Parlement européen », a-t-elle déclaré sur X.
13h50 : Une société iranienne divisée dans sa contestation ?
La situation en Iran est de plus en plus tendue, les dernières manifestations contre le pouvoir des mollahs ayant été violemment réprimées. Bernard Hourcade, directeur de recherche au CNRS, au centre de recherche sur le monde iranien et membre du comité de rédaction d’Orient XXI, dépeint pourtant une société iranienne très divisée dans sa contestation. Il ne s’attend donc pas à un changement de régime dans un futur proche.
À lire aussiBernard Hourcade (CNRS): «Il n’y a pas aujourd’hui en Iran une opposition unie»
13h22 : Le président du Parlement iranien menace d’infliger « une leçon inoubliable » à Trump en cas d’attaque
Le président du Parlement iranien a qualifié ce lundi de « guerre contre des terroristes » la réponse des autorités au mouvement de contestation à travers le pays, en prenant la parole devant des manifestants rassemblés à Téhéran en soutien au pouvoir. « La grande nation iranienne n’a jamais permis à ses ennemis d’atteindre ses objectifs », a-t-il dit, sous des banderoles portant les mots « Mort à Israël, Mort à l’Amérique », en persan, et promettant que l’armée iranienne infligerait à Donald Trump « une leçon inoubliable » en cas d’attaque américaine.
11h59 : Les Européens envisagent de nouvelles sanctions contre l’Iran
L’Union européenne envisage de nouvelles sanctions contre l’Iran après les récentes manifestations durement réprimées par le pouvoir à Téhéran, a indiqué un porte-parole de l’UE. « Nous sommes prêts à proposer de nouvelles sanctions, plus sévères, à la suite de la répression à l’encontre des manifestants », a déclaré Anouar El Anouni, porte-parole du service diplomatique de l’UE.
11h52 : Des milliers de manifestants à Téhéran défilent en soutien au pouvoir iranien, montrent des images de la télévision d’État
Ce lundi 12 janvier, des milliers d’Iraniens ont envahi une grande place du centre de Téhéran pour marquer leur soutien à la République islamique et rendre hommage aux membres des forces de sécurité morts durant des manifestations contre le pouvoir, selon les images diffusées par la télévision d’État. Des personnes brandissant le drapeau de la République islamique ont envahi la place Enghelab, ou place de la Révolution, et des prières étaient récitées pour les victimes de ce que le gouvernement a qualifié « d’émeutes ».
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11h23 : Quels sont le poids et l’influence réels de Reza Pahlavi ?
Opposant en exil depuis près d’un demi-siècle car il est le fils du dernier chah d’Iran, Reza Palahvi est soutenu par les royalistes de la diaspora, mais son nom résonne aussi dans les slogans qui ont retenti ces derniers jours dans les rues iraniennes. Quelle représentativité et quelle crédibilité pour celui qui vit aux États-Unis et qui appelait hier les forces de sécurité iraniennes à se ranger du côté du peuple? Les sentiments des Iraniens eux-mêmes peuvent être ambivalents et évolutifs vis-à-vis de Reza Pahlavi.
« Je ne suis pas monarchiste, je ne l’ai jamais été », précise d’emblée à RFI une étudiante iranienne qui réside actuellement en Europe. La jeune femme est née et à grandi sous la République islamique. « Reza Pahlavi est la seule option qui nous reste, dit-elle car ces dernières années la République islamique a réussi à éradiquer toutes les forces d’oppositions donc personne n’a la popularité ni les connexions dont dispose Reza Pahlavi ».
La jeune iranienne a longtemps douté de sa compétence, mais aujourd’hui elle trouve que le fils du dernier souverain iranien « fait du bon boulot » en exil. « Il se montre respectueux des différentes opinions », dit-elle. L’étudiante iranienne veut croire que Reza Pahlavi ne demande pas le rétablissement de la monarchie mais veut avant tout travailler à une phase de transition démocratique pour l’Iran.
10h47 : Le Canada dit se tenir « aux côtés du courageux peuple iranien »
Dans un message publié sur X, Ottawa condamne fermement le meurtre de manifestants et son ministère des Affaires étrangères exhorte Téhéran à respecter les droits humains de ses citoyens. « Le Canada se tient aux côtés du courageux peuple iranien », a déclaré le ministère.
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10h13 : La diplomatie iranienne dit qu’un canal de communication avec l’émissaire américain est « ouvert »
Un canal de communication est « ouvert » entre l’Iran et l’émissaire américain pour le Moyen-Orient malgré d’absence de relations diplomatiques entre les deux pays ennemis, a déclaré lundi le ministère iranien des Affaires étrangères. « Ce canal de communication entre notre ministre des Affaires étrangères (Abbas Araghchi) et l’émissaire spécial du président des États-Unis est ouvert », a déclaré le porte-parole du ministère, Esmaïl Baghaï, dans une déclaration retransmise par la télévision d’État, semblant faire référence à l’émissaire de Donald Trump pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff. « Des messages sont échangés à chaque fois que c’est nécessaire », a-t-il dit, soulignant que les intérêts américains en Iran étaient représentés par l’ambassade de Suisse, en l’absence de relations diplomatiques entre Washington et Téhéran, rompues en 1980.
09h46 : Les habitants de Téhéran reçoivent des SMS de la police les avertissant de ne pas manifester
La police iranienne envoie des SMS aux habitants de Téhéran pour avertir les parents de tenir leurs enfants à l’écart des émeutiers. « Compte tenu de la présence de groupes terroristes et d’individus armés lors de certains rassemblements la nuit dernière, de leurs projets de tuer et de la ferme volonté de ne tolérer aucune concession et de sévir contre les émeutiers, il est fortement conseillé aux familles de veiller sur leurs enfants et adolescents », indiquent les messages selon une information rapportée par la télévision al-Jazeera.
09h19 : Le ministre des Affaires étrangères affirme qu’internet sera bientôt rétabli dans l’ensemble du pays
Abbas Araghchi a déclaré que l’accès à Internet serait bientôt rétabli en Iran, ajoutant que le gouvernement travaillait de concert avec les services de sécurité pour accélérer ce rétablissement. Le ministre des Affaires étrangères a également indiqué que la connexion serait rétablie dans les ambassades et les ministères.
09h10 : L’ayatollah Khamenei compare Trump aux « tyrans de ce monde »
Le guide suprême iranien a répondu sur X aux railleries et menaces répétées de Donald Trump à l’encontre de son pays. Dans un message en persan, Khamenei a déclaré : « Que celui qui, avec arrogance et orgueil, se permet de juger le monde entier, sache que les tyrans et les arrogants de ce monde, tels que Pharaon, Nimrod, Reza Shah, Mohammad Reza Shah et autres, ont été renversés au comble de leur orgueil ; lui aussi sera renversé. »
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08h54 : L’Iran se dit prêt à des négociations basées sur le « respect mutuel »
L’Iran est tout à fait prêt à la guerre mais également à des négociations, a déclaré lundi le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, après des menaces de Donald Trump d’intervenir militairement pour secourir les manifestants. « La République islamique d’Iran ne cherche pas la guerre, mais est tout à fait préparée pour la guerre », a déclaré le chef de la diplomatie lors d’une conférence des ambassadeurs étrangers à Téhéran diffusée par la télévision d’État. « Nous sommes également prêts à des négociations, mais ces négociations doivent être équitables, avec des droits égaux et fondées sur le respect mutuel », a-t-il ajouté.
08h38 : La Chine appelle à la « paix », s’oppose aux « ingérences » étrangères
La Chine a appelé ce lundi toutes les parties à la contestation en cours en Iran à œuvrer au retour au calme et a dit s’opposer à toute ingérence étrangère dans les affaires iraniennes, y compris une intervention militaire américaine. « Nous nous opposons toujours aux ingérences dans les affaires intérieures des autres pays », a déclaré une porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mao Ning, interrogée lors d’un point de presse régulier sur les propos du président américain Donald Trump parlant d’« options très fortes » étudiées par l’armée américaine en Iran.
« La Chine espère que le gouvernement et le peuple iraniens pourront surmonter les difficultés actuelles et maintenir la stabilité du pays », a-t-elle dit en appelant « toutes les parties à œuvrer davantage en faveur de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient ».
08h11 : Le chancelier allemand Friedrich Merz condamne la violence de Téhéran contre le peuple, « un signe de faiblesse »
Le chancelier allemand a « fermement condamné » lundi la violence exercée par les dirigeants iraniens contre leur propre peuple, la qualifiant de « signe de faiblesse », lors d’une conférence de presse en déplacement à Ahmedabad, dans le nord de l’Inde. « J’appelle les dirigeants iraniens à protéger leur population au lieu de la menacer (…) Cette violence n’est pas un signe de force mais un signe de faiblesse. Elle doit cesser immédiatement », a dit Friedrich Merz, en visite de deux jours en Inde.
07h56 : Réécoutez notre édition spéciale sur les manifestations en Iran de 7h10 à 7h30 TU sur RFI
18:51
Edition spéciale sur les manifestations en Iran 7h10-7h30 TURFI
7h32 : La coupure d’internet imposée le 8 janvier en Iran dure depuis plus de 84 heures, selon l’ONG Netblocks
La coupure d’internet en Iran imposée le 8 janvier par les autorités dure maintenant depuis plus de trois jours et demi, a indiqué lundi l’ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks. « Alors que l’Iran se réveille pour commencer une nouvelle journée, les mesures indiquent que la coupure nationale d’internet a dépassé les 84 heures », a déclaré l’ONG, précisant toutefois que cette coupure pouvait être contournée en utilisant une radio à ondes courtes, une connexion à un réseau cellulaire près des frontières du pays, à Starlink et des téléphones satellitaires.
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07h03 : La situation en Iran à la Une de la revue de presse internationale de RFI
À lire aussiÀ la Une: l’Iran presque coupé du monde par le régime des mollahs
06h53 : Une vidéo vérifiée par l’AFP montre des corps amoncelés devant une morgue près de Téhéran
Une vidéo, dont la localisation a été authentifiée dimanche par l’AFP, montre des dizaines de corps amoncelés à l’extérieur d’une morgue au sud de Téhéran, que des ONG de défense des droits humains désignent comme les victimes de la répression des manifestations en Iran. Les images, géo-localisées à la morgue de Kahrizak au sud de la capitale iranienne, montrent des dizaines de corps enveloppés dans des sacs noirs devant une morgue de Téhéran, et ce qui semble être des Iraniens à la recherche de leurs proches disparus.

La vidéo a été publiée en ligne pour la première fois samedi. La morgue est connue officiellement sous le nom de Centre médico-légal de diagnostic et laboratoire de la province de Téhéran. L’ONG Iran Human Rights, basée en Norvège, indique que ces images « montrent un grand nombre de personnes tuées lors des manifestations nationales en Iran ». L’organisation Hengaw, également basée en Norvège, affirme avoir elle-même authentifié ces images montrant « des dizaines de corps ensanglantés à l’intérieur et à l’extérieur de la morgue de Kahrizak », témoignant d’un « crime d’une ampleur et d’une gravité considérables ».
06h30 : Reza Pahlavi, le fils de l’ancien chah, appelle les forces de sécurité à « rejoindre le peuple »
Le fils de l’ancien chah d’Iran et figure de l’opposition iranienne en exil aux États-Unis, Reza Pahlavi, a appelé dimanche les forces de sécurité iraniennes à « rejoindre le peuple », alors que le régime tente de réprimer un vaste mouvement de contestation.
« Les employés des institutions publiques, ainsi que les membres des forces armées et de sécurité, ont un choix à faire : se tenir aux côtés du peuple et devenir des alliés de la nation, ou bien se rendre complices des meurtriers du peuple – et porter la honte et la condamnation éternelles de la nation », a écrit Reza Pahlavi sur son compte X.
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S’adressant aux ressortissants iraniens « hors d’Iran », il a souligné que « toutes les ambassades et tous les consulats iraniens appartiennent au peuple iranien », appelant à « les orner du drapeau national de l’Iran », faisant référence au drapeau utilisé par l’ancienne monarchie iranienne renversée par la révolution islamique de 1979, à la place de celui de la République islamique.
06h20 : Donald Trump affirme que l’Iran veut « négocier » et qu’une réunion est en préparation
Donald Trump a affirmé ce dimanche que l’Iran « veut négocier » et qu’une réunion est en préparation avec les dirigeants de la République islamique aux prises avec une vaste contestation, sans écarter des options militaires.
À bord de son avion Air Force One, le président américain a estimé que Téhéran commençait à dépasser la ligne rouge qu’il avait fixée concernant les morts de protestataires lors de ce mouvement d’une ampleur inédite depuis trois ans, précisant que l’armée étudiait des « options très fortes ».

