Recrutement d’enseignants sénégalais en Guinée : Le Sudes-Esr dénonce une approche «alarmiste» et exige des réformes

Face à la polémique suscitée par le recrutement d’une soixantaine d’universitaires sénégalais par la Fonction publique guinéenne, le Syndicat unitaire et démocratique des enseignants du Sénégal (Sudes-Esr) brise le silence. Entre défense des collègues indexés et appel à une transformation structurelle, le syndicat interpelle directement le gouvernement.

Un recadrage nécessaire sur les profils recrutés ? Dans un communiqué publié suite à la circulaire du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (Mesri) datée du 31 décembre 2025, le Sudes-Esr apporte une distinction cruciale sur les 59 Sénégalais figurant sur la liste de recrutement en Guinée. Selon l’organisation syndicale, environ deux tiers de cette cohorte sont constitués d’enseignants-chercheurs à la retraite ou de vacataires. Pour ces deux catégories, le syndicat affirme qu’«aucun obstacle juridique n’est avéré». Quant aux titulaires en exercice, le Sudes-Esr précise qu’à ce jour, aucun n’a abandonné son poste au Sénégal pour rejoindre Conakry. Le syndicat juge donc «injuste» de leur imputer un quelconque manquement professionnel du seul fait de leur présence sur cette liste.

Mobilité internationale vs non-cumul d’emplois
Tout en réaffirmant son opposition stricte au cumul d’emplois permanents -pratique interdite par le Droit positif sénégalais-, le Sudes-Esr déplore le ton «alarmiste» de la tutelle. Il rappelle que l’enseignant-chercheur est libre de redéfinir son parcours professionnel. A ce titre, le syndicat souligne que la démission n’est pas la seule issue légale. La loi n° 81-59, notamment en ses articles 10 et 11, prévoit des mécanismes de mobilité tels que les missions de courte durée (maximum 6 semaines), les missions de longue durée (pouvant s’étendre jusqu’à 2 ans).

Pour un «Plan Marshall» pour l’Université sénégalaise
Pour le Sudes-Esr, cette situation s’apparente à une «fuite de cerveaux» qui doit servir d’électrochoc au gouvernement. Pour renforcer l’attractivité du système national, le syndicat propose trois mesures phares : honorer le recrutement massif de 500 enseignants-chercheurs par an sur trois ans, instituer un statut d’éméritat pour les professeurs à la retraite afin de valoriser leur expertise, garantir un environnement de travail digne et un climat académique apaisé au sein des universités.

En conclusion, le Sudes-Esr exhorte le gouvernement à ne pas voir cette crise comme une menace, mais comme une opportunité de transformation pour rendre l’enseignement supérieur sénégalais plus compétitif à l’échelle internationale.

SOURCE LEQUOTIDIEN

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