Le prix du pétrole chute après l’annonce par Washington d’un accord avec le Venezuela
Les cours du pétrole baissent un peu mercredi, après les déclarations de Donald Trump mardi affirmant que le Venezuela allait « remettre » jusqu’à 50 millions de barils de pétrole aux États-Unis. Cela alors que la tension monte au Venezuela, depuis les attaques américaines dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 janvier et l’enlèvement de Nicolas Maduro. Avec l’état d’urgence désormais en vigueur, des groupes paramilitaires pro-régime ont été déployés dans les rues de Caracas.
Par :Rédaction Internet – SOURCE RFI
Ce qu’il faut retenir :
►Au Venezuela, l’état d’urgence (officiellement appelé « état de troubles extérieurs ») est en vigueur, et des groupes paramilitaires se sont déployés dans les rues de Caracas pour maintenir l’ordre. Selon cette législation, toute opinion favorable à l’opération américaine peut valoir arrestation. La loi avait été votée en septembre par le président déchu Nicolas Maduro.
► Caracas et Washington sont parvenus à un accord pour l’exportation de millions de barils de pétrole vénézuélien aux États-Unis, a déclaré mardi 6 décembre le président américain Donald Trump.
► Trois jours après son enlèvement, Nicolas Maduro a plaidé non coupable devant un tribunal de New York lundi 5 janvier. Il restera en détention jusqu’à la prochaine audience programmée le 17 mars. Le parquet vénézuélien a de son côté demandé à la justice américaine de « reconnaître » son incompétence pour juger Nicolas Maduro.
► Sommée de se conformer aux volontés de Washington, Delcy Rodriguez, a été officiellement investie présidente par intérim du Venezuela par l’Assemblée nationale lundi 5 janvier. Elle a affiché sa volonté de coopérer avec Washington.
► La cheffe de l’opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix Maria Corina Machado a affirmé lundi 5 janvier prévoir de revenir « le plus vite possible » dans son pays.
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11h03 : Le pétrole baisse face aux pressions américaines et après l’annonce d’un accord
Les cours du pétrole baissent un peu mercredi, après les déclarations de Donald Trump mardi affirmant que le Venezuela allait « remettre » jusqu’à 50 millions de barils de pétrole aux États-Unis. Vers 10h40 (TU), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mars, perdait 0,44 % à 60,43 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en février, lâchait 0,75 % à 56,70 dollars.
Autre facteur baissier, Kiev poursuit ses discussions avec les émissaires américains à Paris en vue d’un cessez-le-feu en Ukraine, encore lointain avec la Russie, après s’être accordé la veille, aux côtés des Européens, sur un ensemble de garanties de sécurité pour l’Ukraine.
9h30 : Washington annonce un accord flou sur la livraison de millions de barils de pétrole vénézuélien
Selon le président américain Donald Trump, Caracas et Washington seraient parvenus à un accord pour l’exportation de pétrole vénézuélien aux États-Unis. Donald Trump affirme que Caracas va remettre aux États-Unis. « entre 30 et 50 millions de barils de pétrole », a-t-il déclaré mardi 6 décembre dans sa publication sur son réseau Truth Social. Ces livraisons de pétrole représentent près de deux mois de production du Venezuela et sont estimées entre 1,8 et 3 milliards de dollars. Une somme qui sera contrôlée par Donald Trump en personne, pour garantir « qu’elle soit utilisée au profit des peuples américains et vénézuéliens », assure-t-il.
Il n’y a pas de commentaire de Caracas pour l’instant, ni des autorités ni de la compagnie pétrolière d’État, Petroleo de Venezuela SA. Il reste difficile de voir ce que le Venezuela tire de cet accord si ce n’est la volonté du gouvernement de Delcy Rodriguez de montrer qu’il cède aux menaces répétées de Washington.
La production de pétrole vénézuélienne est limitée : moins d’un million de baril par jour. Donc, d’où viendraient ces 30 à 50 millions de barils ? Rien n’est précisé dans l’annonce de Donald Trump. Mais depuis mi-décembre et le blocus imposé par Washington, d’importantes quantités sont stockés dans des pétroliers et des ports au Venezuela.
Deux sources citées par l’agence Reuters assurent également que des cargaisons destinées à la Chine pourraient être acheminé vers les États-Unis.
Le plan a des contours flous et est censé être une première étape. Car Donald Trump exige du Venezuela « un accès total » à ses ressources pétrolières pour les entreprises américaines.
Cet accord constituerait un signal fort de la volonté du gouvernement intérimaire vénézuélien de répondre aux demandes de Donald Trump, qui a prévenu que Caracas s’exposait à une potentielle deuxième opération militaire américaine s’il n’ouvrait pas son marché aux compagnies pétrolières américaines.
6h27 : Maria Gonzalez, vénézuélienne exilée aux États-Unis salue l’opération américaine au Venezuela
Nicolas Maduro a passé une nouvelle nuit en détention dans une prison du quartier de Brooklyn, à New York. Malgré les questions sur la légalité de cette intervention, la communauté vénézuélienne exilée aux États-Unis salue dans son immense majorité la décision de Donald Trump, comme cette ancienne militante anti-chaviste que Vincent Souriau, notre correspondant aux États-Unis, a rencontré à Washington.
Je pense que Nicolas Maduro va ressentir et payer toute la souffrance qu’a vécue le peuple vénézuélien. Chez nous, il y a de tant de prisonniers politiques qui sont torturés, qui ne peuvent pas voir de médecin. Il y en a beaucoup trop qui sont morts en prison.
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Maria Gonzalez, vénézuélienne exilée aux États-Unis salue l’opération américaine au VenezuelaVincent Souriau
6h09 : Opération militaire américaine au Venezuela: Donald Trump a-t-il violé la Constitution américaine ?
Depuis la capture de Nicolas Maduro au Venezuela, l’opposition démocrate au Congrès accuse Donald Trump d’avoir manqué à ses obligations constitutionnelles, au motif que le président des États-Unis aurait dû saisir et notifier le Parlement avant d’enclencher les hostilités. Donald Trump, comme d’autres avant lui, a-t-il outrepassé ses pouvoirs de guerre et si oui, de quels mécanismes disposent le Parlement et les tribunaux ? Entretien avec Michael Ramsey, professeur de droit constitutionnel à l’Université de San Diego, réalisé par Vincent Souriau, notre correspondant à Washington.
5h24 : Les habitants de Caracas sur leurs gardes par rapport à l’« état de troubles extérieurs » [REPORTAGE]
Depuis l’entrée en vigueur de l’état d’urgence, officiellement appelé l’« état de troubles extérieurs », des groupes paramilitaires pro-régime chaviste se sont déployés dans les rues de Caracas pour maintenir l’ordre. Au moins deux personnes ont déjà été arrêtées pour avoir fêté l’enlèvement de Nicolas Maduro, rapporte notre correspondante à Caracas, Alice Campaignolle.
Dans le quartier de Boleita, dans l’est de Caracas, des hommes armés circulent depuis quelques jours comme l’explique cet habitant qui préfère rester anonyme. « Hier, je les ai vus, et j’ai calculé, ils étaient au moins 100. Et avec des armes longues », constate cet homme. Des barrages routiers ont également été installés sur l’avenue principale. Des hommes cagoulés contrôlent les identités, inspectent les véhicules, et pas seulement. « Ils te contrôlent tout, même le téléphone. J’ai toujours sur moi un vieux portable pour leur donner au cas où. Les gens ont peur. Et avec ce décret qu’ils viennent de signer c’est pire. Ils peuvent t’arrêter pour rien, sans rien n’avoir à justifier, sans jugement », poursuit l’homme.

