Comment la Chine est passée de «copieuse» de médicaments à championne de la recherche pharmaceutique

Le groupe pharmaceutique français Ipsen a annoncé lundi 22 décembre un accord avec le laboratoire chinois Simcere Zaiming pour acquérir les droits d’un médicament expérimental ciblant les tumeurs cancéreuses. Une preuve de plus du rôle grandissant de la Chine qui n’est plus qu’une usine à fabriquer des médicaments génériques… mais aussi un champion de la recherche.

Le groupe pharmaceutique français Ipsen a annoncé ce lundi 22 décembre 2025 un accord avec le laboratoire chinois Simcere Zaiming pour obtenir les droits mondiaux exclusifs d’un médicament expérimental ciblant les tumeurs cancéreuses. Un contrat à plus d’un milliard de dollars, qui témoigne du rôle croissant de la Chine dans ce secteur.

Et si la Chine en est arrivée là, c’est avant tout le résultat d’une décision politique. Il y a dix ans, Pékin a fait de l’industrie pharmaceutique une « prorité nationale ».

« Comme d’habitude, ça s’est accompagné de subventions, explique Phillippe Aguigner, chercheur à l’institut Montaigne et professeur en économie chinoise. L’argent était disponible et les industriels ont beaucoup investi dans la recherche fondamentale, la découverte de molécules nouvelles. On a beaucoup de jeunes entreprises chinoises qui ont obtenu des résultats et qui ont trouvé des molécules prometteuses. »

La Chine a investi dans la recherche fondamentale

À commencer par la découverte de traitements pour lutter contre le cancer, que les biotech chinoises peuvent ensuite développer plus vite qu’ailleurs. « Les autorités ont beaucoup investi dans le dispositif de régulation pour moderniser le régulateur, poursuit le professeur. Ils ont tout fait, par exemple, pour réduire les délais d’approbation des nouveaux médicaments sur le marché chinois. Et avec des résultats qui sont vraiment étonnants, ils ont réussi à diviser, à réduire les délais par un facteur de 1 à 4 ou 1 à 5. »

L’ambition des laboratoires chinois est claire : s’imposer, d’abord, sur le marché intérieur, mais aussi exporter leurs innovations vers les pays émergents, aux États-Unis ou encore en Europe. 

Le traitement expérimental pour lequel Ipsen va obtenir les droits est « spécifiquement conçu pour infiltrer en profondeur les tumeurs et les fibroblastes associés au cancer, ce qui a eu pour effet d’entraîner d’importantes régressions tumorales chez bon nombre de modèles précliniques in vivo », d’après le groupe. Les droits mondiaux acquis par Ipsen concernent le développement, la fabrication et la commercialisation du médicament. La phase I de développement clinique est prévue pour le second semestre 2026.

En 2024, la Chine a détrôné les États-Unis pour devenir numéro un mondial de la découverte de nouvelles molécules médicamenteuses, selon l’étude annuelle de l’Efpia, l’organe de lobby européen des laboratoires pharmaceutiques.

SOURCE RFI

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