Interprétation de la loi d’amnistie : La lecture expliquée de Pastef

Le Groupe parlementaire Pastef/Les Patriotes a tenu à apporter des précisions sur la proposition de la loi interprétative de la loi d’amnistie, en cherchant à balayer toute confusion que ceux qui la critiquent tentent d’entretenir. Son interprétation, selon le député Amadou Bâ, cherche à définir le champ d’application de cette loi dont certains faits et actes ne doivent pas être couverts.

Par Amadou MBODJI – Le Groupe parlementaire Pastef/Les Patriotes a tenu une conférence de presse hier pour apporter des précisions par rapport à la loi d’amnistie, en expliquant les raisons de son interprétation. Laquelle interprétation tient à une volonté, selon eux, de préciser son champ d’application, en réfutant, souligne Amadou Bâ son initiateur, les «crimes de sang», les «crimes de torture» et les «traitements dégradants et inhumains» qui, selon les députés, ne doivent pas être amnistiés. C’est une manière, selon le député Amadou Bâ, au Sénégal, de se conformer aux conventions internationales ratifiées dont la Convention des droits de l’Homme. Pour lui, son camp ne «cherche à protéger personne» en interprétant cette loi d’amnistie.

Ayib Daffé, président du Groupe Pastef/Les Patriotes, y va de ses éclairages aussi suite aux critiques que cette loi a suscitées. Cette proposition de loi interprétative vise à traduire en Justice «les commanditaires politiques d’actes délictueux», a tenu ainsi à clarifier Ayib Daffé pour balayer les  confusions entourant la proposition de loi interprétative de la loi d’amnistie portée par le vice-président de l’Assemblée nationale Amadou Bâ. «On assiste à une manipulation qu’il faut stopper. C’est tout l’enjeu de cette sortie», enchaîne Ayib Daffé pour convaincre de l’engagement du parti Pastef au service du Peuple. «En tant que représentants du Peuple, nous sommes déterminés à remplir pleinement notre mission», a-t-il assuré, présentant cette proposition comme une preuve de leur implication.

La proposition de loi interprétative de la loi d’amnistie sera examinée à l’Assemblée nationale aujourd’hui en commission, avant de faire l’objet d’un débat le 2 avril prochain. Après son passage à l’Assemblée nationale pour les besoins de sa Déclaration de politique générale (Dpg), le Pm Ousmane Sonko s’apprête à en faire un autre le 10 avril prochain, pour répondre, avec l’ensemble du gouvernement, aux questions d’actualité, selon Ayib Daffé.

L’initiative parlementaire du groupe de la majorité à l’Assemblée nationale, par l’entremise d’un de ses éminents membres, le député Amadou Bâ, ne rencontre pas l’assentiment de l’opposition et de bon nombre de nos concitoyens. Au sein de l’Hémicycle, quand l’idée a été émise, lors d’un passage devant les représentants du Peuple, par le Garde des sceaux, ministre de la Justice, Ousmane Diagne, ce dernier avait vu la présidente du Groupe parlementaire Takku Wallu Senegaal, Me Aïssata Tall Sall, s’insurger contre la volonté du pouvoir de remettre en cause partiellement la loi d’amnistie de 2024. La parlementaire les avait mis en garde contre une abrogation de ce texte de loi, en les invitant à assumer leurs responsabilités à l’avenir.

Mardi dernier, le mouvement «Y’en a marre» a grossi les rangs des contestataires de la fameuse proposition de loi d’interprétation de la loi d’amnistie. Cyril Touré alias Thiat et ses camarades ont mis le parti Pastef devant ses contradictions. Ils ont rappelé au Premier ministre Ousmane Sonko son engagement électoral d’abroger la loi d’amnistie une fois élu par le Peuple. Ainsi, pour Thiat et ses camarades, l’heure est venue pour le régime de mettre en œuvre sa volonté exprimée à l’époque devant les électeurs, lors des campagnes électorales de la Présidentielle et des Législatives de 2024.

ambodji@lequotidien.sn

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