Enième querelle entre enseignants et gouvernement ! Cette fois, ce sont les 5 mille nouvelles recrues qui bandent les muscles. Ils réclament le paiement de leurs salaires de décembre et leur intégration, entre autres revendications. Ce que la tutelle n’est pas disposée à faire, car «l’intégration n’est pas possible parce qu’il y a des règles à respecter. Il faut qu’on se dise la vérité et ne pas entrer dans certaines considérations. Il y a un schéma pour cela».

 

Par Malick GAYE – Le secteur de l’éducation, qui souffre de déficit d’enseignants, devra régler une autre priorité : payer à temps le salaire des 5 mille nouveaux enseignants recrutés au mois d’octobre dernier, dans le cadre des 65 mille emplois promis par le chef de l’Etat en réponse aux événements de mars dernier. En effet, selon le Collectif des 5 mille enseignants fraichement engagés, ils n’ont pas perçu leur salaire du mois de décembre dernier. «Je déplore la situation des 5 mille enseignants nouvellement recrutés par l’Etat du Sénégal. Depuis la signature de notre engagement au mois de septembre dernier, nous souffrons énormément. Aucun d’entre nous n’a reçu son salaire du mois de décembre et pourtant, nous continuons à enseigner dans ces conditions difficiles», a expliqué, au micro de I-radio hier, Lamine Dianko. Qui dé­nonce «avec fermeté, ce «mal considération» que le ministre est en train de manifester à l’égard des 5 mille enseignants».

Une accusation que ne peut tolérer le porte-parole du ministère de l’Education nationale. Mouhamadou Moustapha Diagne a sorti la craie pour corriger le porte-parole du Collectif des 5 mille enseignants, avant de clarifier la situation. «Un enseignant doit faire attention à ce qu’il dit. «Mal considération» n’existe pas en français. Ces enseignants ont été recrutés dans un moment budgétaire inopportun. C’est au mois de novembre que la liste a été publiée. Tout le monde sait que le ministère de l’Education nationale ne garde pas l’argent de l’Etat. Entre novembre et décembre, il y a des difficultés dans l’exécution budgétaire. Malgré cela, le ministère de l’Education nationale est parvenu à entamer le paiement des salaires de la majorité et bientôt la situation va retourner à la normale. A part Ziguinchor et quelques régions, nous avons quelques difficultés à faire les comptes», a déclaré Mouhamadou Mous­tapha Diagne. Avant de préciser que la situation va retourner à la normale «bientôt», sans plus de précision.

Pour le Collectif des 5 mille enseignants, le paiement des salaires de décembre n’est pas la seule revendication des nouvelles recrues. «Nous exigeons le paiement des salaires à temps et que l’Etat nous verse notre salaire de décembre sans délai. Nous voulons le rappel des mois de septembre et d’octobre. En plus de cela, nous réclamons l’intégration sans condition de tous ceux qui ont leur diplôme professionnel», a listé Lamine Dianko. Avant de préciser ceci : «Nous sommes prêts à passer à la vitesse supérieure, si l’Etat persiste. Ce n’est pas une menace.»
Pour le porte-parole de la tutelle, «l’intégration n’est pas possible, parce qu’il y a des règles à respecter. Il faut qu’on se dise la vérité et ne pas entrer dans certaines considérations. Il y a un schéma pour cela». Au moins, il a le mérite de clarifier la position du gouvernement sur ce point ! Va-t-on encore avoir un énième tiraillement entre enseignants et gouvernement ?

mgaye@lequotidien.sn