Entrepreneuriat agricole: Ces écueils qui freinent l’élan des jeunes agripreneurs

Les jeunes qui veulent investir le créneau de l’entrepreneuriat agricole butent souvent sur de nombreux écueils. Pour aider à lever ces obstacles à l’accomplissement professionnel de ces agripreneurs, la Fao a confié à l’Ong Rikolto une mission de cartographie des différents réseaux au Sénégal et d’identification de leurs besoins en matière d’accompagnement. Ce travail a abouti à la mise en place d’une stratégie de prise en charge des besoins de ces jeunes agri-preneurs qui a été discutée, enrichie et validée hier.

Ils s’appellent Cheikh Ahmadou Bamba Fall, Alassane Mbaye, Cheikh Omar Foutiyou Mboup, Boubacar Cissé, Moussa Niang… et viennent, entre autres, de Thiès, Louga, Saint-Louis et Ziguinchor. Ils partagent la même passion : l’entrepreneuriat agricole. Mais, ces jeunes agripreneurs, malgré la diversité de leurs provenances, font face aux mêmes contraintes dans l’accomplissement du métier qu’ils ont choisi. Des contraintes qui ont pour noms : accès difficile au foncier, coût élevé de l’eau dans le monde rural, faiblesse des infrastructures routières dans les zones de production, faiblesse de l’accès à l’information sur les investissements, aux financements, aux intrants, insuffisance ou non disponibilité de produits financiers adaptés (crédit) aux besoins et conditions des jeunes agripreneurs, absence de subvention sur les intrants dans le maraîchage, difficile accès aux Tic en zone rurale, etc. Toutes choses qui rendent difficile la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes dans les chaines de valeur agricoles.

Pour pousser le diagnostic plus loin et y apporter les solutions idoines, la Fao avait confié à l’Ong Rikolto une mission de cartographie des réseaux des jeunes agripreneurs au Sénégal, du renforcement de leurs capacités en termes de plaidoyer d’action pour un investissement responsable dans leurs entreprises, d’appui à l’initiation d’un dialogue multi-acteurs afin de « stimuler les investissements responsables des Tpe/Pme gérées par des jeunes agri-preneurs dans l’agriculture et les systèmes alimentaires » et, enfin, la fourniture d’appui au processus d’élaboration d’un cadre unitaire pour une plateforme d’échanges et d’actions entre réseaux de jeunes entrepreneurs dans les filières agricoles et les systèmes alimentaires.

Installer un dialogue multi-acteurs pour trouver les bonnes solutions

La rencontre d’hier a servi de tribune à de jeunes agri-preneurs pour exposer aux experts et acteurs institutionnels présents leurs préoccupations et attentes.

Selon Amadou Tapsoba, directeur du Bureau régional de Rikolto en Afrique de l’Ouest, il faut un plaidoyer sur les neuf points identifiés comme étant des facteurs bloquants au développement de l’entrepreneuriat agricole. « Ces contraintes n’encouragent pas les jeunes à se lancer dans ce créneau ; ils ralentissent ou bloquent leurs initiatives entrepreneuriales. Ce sont des points de plaidoyer dont les solutions sont souvent du ressort des plus hautes instances au niveau national. Avec ce dialogue multi-acteurs mettant autour de la même table les jeunes et toutes les parties prenantes, nous espérons que des solutions seront générées et appliquées », dit-il.

L’expert en emploi rural à la Fao et coordonnateur du projet « Approche-pays intégré », Oumar Syll, abonde dans le même sens. Les contraintes majeures et les solutions ayant été déjà identifiées, le plus important, selon lui, est d’aller plus en profondeur dans l’analyse afin d’aboutir aux arrangements institutionnels nécessaires. C’est en ce sens que, d’après M. Syll, cet atelier de dialogue multi-acteurs garde toute sa pertinence.

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Le projet « Agri-jeunes » pour répondre aux préoccupations des agripreneurs

Si l’on en croit Thirekh Ndong, spécialiste de l’entrepreneuriat rural, le Projet d’appui à l’insertion des jeunes ruraux (Agri-jeunes), logé au ministère de l’Agriculture et de l’Équipement rural et appuyé par le Fida, prend en compte tous les problèmes soulevés par les jeunes entrepreneurs agricoles. « Toutes les préoccupations soulevées par les jeunes agripreneurs durant cet atelier sont pris en compte par le projet « Agri-jeunes », qu’il s’agisse de l’accès à l’information, au financement, au foncier… Par exemple, en ce qui concerne l’accès au financement, le projet est en train de développer un mécanisme innovant pour faciliter son accès aux jeunes. Il s’agit de ce qu’on appelle les « Mutuelles de cautionnement », l’assurance agricole. Pour les jeunes entrepreneurs qui n’ont jamais entrepris quelque chose, le projet va mettre à leur disposition, après formation, un capital d’installation », informe M. Ndong. Il précise que le projet « Agri-jeunes » vise à accompagner les jeunes ruraux à créer leur propre entreprise dans leur terroir. Il a un objectif de création de 25 000 entreprises qui, à leur tour, devraient créer 35 000 emplois pérennes et décents.

Elhadji Ibrahima THIAM

LESOLEIL

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