Meta lance officiellement «Threads», le nouveau réseau social concurrent de Twitter

La multinationale américaine Meta a inauguré mercredi 5 juillet « Threads », son tout nouveau réseau social, largement inspiré de Twitter. Après sa mise en ligne, son fondateur, Mark Zuckerberg, a annoncé cinq millions d’inscriptions en à peine quatre heures.

La nouvelle plate-forme de « microblogging » Threads, aux caractéristiques et au fonctionnement proches de ceux de Twitter, vient d’être lancée ce mercredi soir par Meta, dans 100 pays. « Allons-y. Bienvenue sur Threads », pouvait-on lire sur le compte du PDG de Meta, Mark Zuckerberg. Un message qui a recueilli plusieurs milliers de « likes » en quelques minutes, signe du démarrage en trombe de ce nouveau venu des réseaux sociaux.

Après sept heures de mise en ligne, dix millions d’inscriptions ont déjà été enregistrées. Threads est présentée comme l’application de conversation écrite d’Instagram, autre réseau social de Meta, sans publicités. La plate-forme permet aux utilisateurs d’Instagram d’être authentifiés avec leurs identifiants existants pour poster du contenu sur leur compte. Avec ses plus de deux milliards d’utilisateurs actifs, Instagram offre à Threads une véritable rampe de lancement dont n’auraient pu rêver les petits compétiteurs de Twitter, de Mastodon à Bluesky.

Plusieurs célébrités disposaient déjà de comptes certifiés dès l’ouverture du réseau : la chanteuse Shakira, l’acteur Jack Black ou encore le chef cuisinier britannique Gordon Ramsay, rappelle notre correspondant Guillaume Naudin. Des influenceurs susceptibles de ramener rapidement de l’audience, et donc des revenus publicitaires.

Un bémol toutefois : pour des raisons réglementaires, le service ne sera dans un premier temps pas disponible en Europe, ce qui risque de ralentir son développement.

Une menace pour l’oiseau bleu

Threads était un projet attendu depuis plusieurs mois et fait directement concurrence à Twitter. Depuis son rachat par le milliardaire Elon Musk, les annonceurs, une partie des abonnés et le reste du secteur, observent la direction erratique et souvent toxique prise par Twitter, qui se veut une place publique mondiale.

Récemment, Elon Musk a annoncé la mise en place d’une limite au nombre de messages consultables par compte et par jour. Le tableau de bord TweetDeck, très populaire chez les utilisateurs actifs, ne sera aussi bientôt plus accessible qu’aux comptes vérifiés, donc payants. Une décision qui a pris à rebrousse-poil usagers et développeurs.

Néanmoins, l’impact immédiat de Threads comme menace pour Twitter pourrait être limité par le fait que Meta devra attendre avant de proposer le réseau aux résidents de l’Union européenne.

Pourquoi Threads n’est pour l’instant pas disponible en Europe ?

Pour une raison simple : Meta a peur de la régulation européenne en matière de protection des données. En l’état, l’application pourrait exposer Meta à des poursuites.

En mai dernier, le groupe de Mark Zuckerberg a écopé d’une amende à la somme record de 1,2 milliard d’euros, infligée par le régulateur irlandais, alors que le siège européen de Meta se trouve à Dublin, en Irlande. L’amende avait été appliquée pour ne pas avoir respecté les règles de Bruxelles en envoyant les données personnelles des utilisateurs européens de Facebook.

L’Union Européenne est en effet devenue le standard mondial de référence en matière de protection des données, avec le Règlement général sur la protection des données (RGPD) qui vient de fêter ses 5 ans. Ce règlement force tous les sites internet à la transparence sur les informations récoltées, et les oblige à laisser l’utilisateur choisir lesquelles il accepte de céder.

Pour concurrencer Twitter, Threads compte s’appuyer sur la masse des usagers d’Instagram, et va donc extraire des données du réseau de partage de photos. En attendant de savoir comment réagirait Bruxelles, Meta semble préférer prendre son temps.

(Et avec AFP)

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