Libye: Donald Trump tente de calmer le jeu après ses propos « offensants » et la colère de Tripoli

Le président américain Donald Trump a salué ce dimanche 25 octobre un peuple libyen « fier, résilient, hospitalier », sans s’excuser pour ses propos de campagne. Tripoli avait convoqué le jour même le chargé d’affaires américain, après que Donald Trump eut rangé la Libye parmi les « pays infestés par le terrorisme ».

Donald Trump a changé de ton envers la Libye. Dans la soirée du dimanche 25 octobre, le président américain a vanté sur son réseau Truth Social un peuple libyen « fier, résilient, hospitalier », qui « mérite la paix et la prospérité ». Le message a été publié le jour même où Tripoli convoquait le chargé d’affaires américain, pour protester contre des propos présidentiels jugés « offensants ».

La veille, Donald Trump tenait un meeting électoral à Perry, dans l’État de Géorgie. Il y a accusé le sénateur démocrate Jon Ossoff d’avoir parrainé un projet de loi sur l’immigration. Ce texte ferait venir, selon lui, « des armées de migrants de pays infestés par le terrorisme comme la Libye, le Yémen, Haïti, la Somalie ».

Devant la foule, il a ensuite lancé: « Vous vous souvenez comment je les ai appelés? », avant de lâcher une insulte ordurière, « shithouse countries ». Il renvoyait à des propos tenus pendant son premier mandat, selon l’agence de presse britannique Reuters.

Le geste d’apaisement ne va pas jusqu’aux excuses, relève le journal The National. Donald Trump en profite même pour formuler une exigence: « la Libye ne peut pas rester un corridor pour la migration illégale, et cela doit cesser maintenant ».

Tripoli et l’Est sur la même ligne

Convoqué dimanche au ministère libyen des Affaires étrangères, le diplomate américain s’est vu remettre une protestation écrite. Tripoli demande à Washington d’expliquer les déclarations présidentielles et de les corriger. Le ministère l’affirme dans un communiqué cité par l’agence Anadolu: la Libye « rejette toute déclaration qui porte atteinte à la dignité de son peuple ».

Le Premier ministre Abdul Hamid Dbeibah, à la tête du gouvernement d’union nationale installé à Tripoli, a lui aussi riposté sur Facebook. « Nous n’accepterons pas que la dignité de la Libye et de son peuple devienne un instrument de différends électoraux », a-t-il martelé. Il a rappelé que son peuple « a consenti d’immenses sacrifices dans la lutte contre le terrorisme ».Lire la vidéo

L’indignation a franchi la ligne de fracture qui divise le pays. Le gouvernement rival de l’Est exige une rétractation et des excuses formelles, rapporte The National. Saddam Haftar, commandant adjoint des forces de l’Est, presse les autorités libyennes d’exiger de Washington réparation de l’offense « à la hauteur de sa gravité ». « La Libye est un État indépendant et souverain, et sa dignité nationale prime sur toute autre considération », a-t-il écrit sur Facebook.

Des promesses sans calendrier

Le message de Donald Trump semble répondre à ces critiques. Le président américain y dit respecter « les sacrifices que de courageux Libyens ont consentis en combattant l’EI, l’ennemi commun de nos deux peuples », en référence au groupe État islamique. Il fait ainsi écho aux mots d’Abdul Hamid Dbeibah, note The National.

Washington se dit aussi attaché à « l’unification tant attendue de la Libye et de ses institutions ». Donald Trump assure se tenir aux côtés des Libyens dans leur marche vers des élections nationales. « Le peuple libyen est victime du terrorisme et d’ingérences étrangères depuis des années », écrit-il. Il n’avance pourtant ni calendrier ni nouvelle initiative, et ne précise pas ce qu’il attend de la Libye sur la migration, souligne The National.

Ce lundi 26 octobre, le compte X du conseiller principal américain pour les affaires arabes et africaines a repris le message mot pour mot. La polémique éclate à l’approche des élections de mi-mandat américaines, prévues le 3 novembre. Elle survient alors que les deux pays travaillaient récemment à resserrer leurs liens économiques et sécuritaires, selon Anadolu.

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